L’ex-vice-président Joseph R. Biden devient président élu alors que les républicains conserveront vraisemblablement leur majorité au Sénat. Les démocrates pourraient prendre le contrôle du Sénat, mais il leur faudrait pour cela remporter les deux sièges de Géorgie au deuxième tour des élections début 2021, éventualité que le marché juge peu probable.

Préférant historiquement que les deux partis se partagent le pouvoir pour éviter les excès et assurer des compromis législatifs, les marchés se félicitent généralement de ce résultat qui limitera le risque de perturbation majeure de la fiscalité ou de la réglementation.

Après avoir bondi avant les élections, la volatilité est retombée depuis l’annonce des résultats. Les actions, le dollar américain, les taux d’intérêt et les écarts des obligations de sociétés se sont stabilisés et la confiance des investisseurs reste solide.

Commerce international et marchés mondiaux

Le respect du futur président pour les institutions et un cadre basé sur des règles sera propice à des alliances et réduira le risque de perturbations commerciales. Tout en restant ferme envers la Chine, Joe Biden ne touchera sans doute pas aux tarifs douaniers. Considérant que le leadership américain est essentiel à la coordination mondiale, il affirme vouloir en priorité réintégrer l’Accord de Paris et renouer avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Par ailleurs, la maîtrise de la pandémie est essentielle à la confiance des marchés, et l’annonce récente de la réussite des essais de deux vaccins a stimulé les actions. La courbe des obligations du Trésor s’est accentuée, l’écart entre les titres à 2 et à 10 ans atteignant un sommet de plus de trois ans dans l’anticipation d’un renforcement de la croissance.

Le dollar américain pourrait commencer à faiblir maintenant qu’une politique américaine plus prévisible éliminera certains risques géopolitiques pesant sur les marchés. Historiquement, le billet vert se comporte comme une monnaie contracyclique. Il se renforce quand les marchés sont craintifs et commence à perdre du terrain quand les perspectives de croissance du reste du monde s’améliorent.

Économie américaine

La présidence Biden assortie d’un Congrès divisé est une variante de la dynamique actuelle. Les républicains redeviendront probablement des faucons fiscaux, empêchant les démocrates de se lancer dans des mesures de relance tous azimuts.

En l’absence de programme budgétaire d’envergure, la Fed demeurera sans doute le principal garant de la reprise économique. Ceci réduit le risque d’une poussée inflationniste et nous promet que les taux d’intérêt resteront proches de zéro. Or, les actions profitent généralement de taux peu élevés accompagnés de perspectives de croissance raisonnables, situation favorable qui devrait persister.

La reprise américaine s’accélère, mais avec un chômage avoisinant encore 7 %, il faudra attendre jusque tard l’an prochain avant que l’économie revienne à son niveau d’avant la pandémie. La demande de logements est en forte hausse, mais les ventes d’automobiles ont commencé à ralentir après avoir été robustes. De façon générale, les consommateurs paient leurs factures, mais les données de la Réserve fédérale de New York montrent une augmentation des défauts de remboursement de plus de 90 jours sur les cartes de crédit et les versements automobiles.

Les particuliers ayant mis à la banque leurs chèques d’urgence et leurs prestations de chômage, l’épargne des ménages a augmenté. Les consommateurs disposent donc d’un certain coussin en cas d’interruption de leur revenu. Cependant, l’emploi ne progressant qu’à un rythme modéré, leur situation pourrait se tendre à moins qu’un suivi soit donné aux mesures de relance après l’assermentation du nouveau président.      

Marchés américains

Les promesses et les ambitions politiques du nouveau président peuvent favoriser ou défavoriser différents secteurs de l’économie. Elles consistent essentiellement à financer les technologies vertes, étendre l’accès aux soins de santé, hausser les impôts et renforcer la surveillance réglementaire du secteur technologique. Cependant, aucun changement transformationnel ne verra vraisemblablement le jour si le parti présidentiel ne contrôle pas le Sénat.

Une majorité démocrate au Sénat pourrait se traduire par un resserrement de la réglementation bancaire sous la forme d’un retour à la loi Glass-Steagall, d’une protection accrue des consommateurs ou d’une taxe sur les transactions financières. Le gouvernement Trump a permis une certaine déréglementation du secteur financier, mais l’essentiel des mesures édictées dans la foulée de la crise financière de 2008-2009 continuent de s’appliquer aux plus grandes banques.

En campagne électorale, Joe Biden s’est dit favorable au renforcement de la loi sur les soins abordables (Affordable Care Act) par la création d’une option publique qui s’ajouterait aux régimes privés d’assurance maladie. Il veut également abaisser l’âge d’admissibilité au programme Medicare. Cependant, toute bonification significative de la loi sur les soins abordables risque de se heurter à l’absence de soutien bipartisan. Par contre, une forme quelconque de surveillance du prix des médicaments pourrait bénéficier d’un tel soutien. Les pharmaceutiques ayant déjà été accusées de gonfler les prix, des mesures de lutte contre de telles activités prédatrices pourraient être populaires.

La volonté du nouveau président de lutter contre les changements climatiques se reflétera vraisemblablement dans son attitude à l’égard du secteur énergétique. Joe Biden a indiqué aux électeurs qu’il ne rendrait pas la fracturation illégale, mais il pourrait interdire immédiatement l’émission de nouveaux permis de forage sur les terres fédérales. À long terme, tout virage vers des énergies plus vertes freinera l’expansion des énergies traditionnelles, entraînant peut-être une consolidation dans ce secteur.

Les deux partis ont blâmé les sociétés technologiques pour le manque de protection des données personnelles. Les démocrates progressistes souhaitent que les consommateurs aient plus de contrôle sur l’utilisation de leurs renseignements, tandis que le Sénat républicain est moins interventionniste sur ce plan. Il faut s’attendre à des directives gouvernementales, à moins que les grandes sociétés technologiques s’empressent de s’autoréglementer. La confidentialité devient un enjeu primordial maintenant que les plateformes technologiques enregistrent un nombre important d’opérations personnelles, rendant des renseignements sensibles vulnérables à une utilisation à mauvais escient.  

La politique conciliante de la Fed a procuré un appui solide au secteur privé américain. Des taux peu élevés et un accès facile aux emprunts ont permis à la majorité des grandes sociétés de renforcer leur bilan en se dotant d’une réserve de capitaux qui leur permet de traverser une longue période de faiblesse. L’impôt des sociétés étant peu susceptible de monter, la rentabilité devrait rester au rendez-vous. Les entreprises américaines trouvent des façons de rétablir leurs activités et elles ont récemment déclaré des bénéfices nettement supérieurs aux attentes.

Les perspectives restent bonnes pour les obligations de sociétés, après des émissions record cette année. Les défauts de paiement devraient s’atténuer et les décotes des agences de notation ont ralenti. Les écarts restent serrés et un rythme de reprise raisonnable devrait les maintenir dans une fourchette étroite.

Risques pesant sur les perspectives

Alors que la pandémie s’aggravera durant l’hiver, la baisse des prestations de chômage risque de grever l’épargne, entraînant une vague de défaillances sur les prêts hypothécaires, les cartes de crédit et les versements automobiles. Les deux partis semblent intéressés à s’entendre sur un programme de secours, mais ils chicanent sur l’ampleur des mesures à adopter. On espère que l’impasse débloquera au début du premier trimestre pour aider les ménages en peine à payer leurs factures. Les chômeurs américains craignent évidemment de perdre leur coussin d’épargne et on peut présumer que le Congrès sera attentif à leur sort.

Pour mesurer la vigueur de la reprise économique américaine, il faut absolument jauger la santé de la consommation. Or, de façon générale, celle-ci tient bon. Par exemple, le suivi des loyers du troisième trimestre du National Multifamily Housing Council montre que les paiements sont proches de leurs niveaux d’il y a un an. Les six plus grandes FPI américaines ont confirmé la vigueur de la perception des loyers.

La santé de la consommation influe fortement sur les titres adossés à des actifs liés aux cartes de crédit et aux versements automobiles. Pour l’instant, les écarts des tranches de qualité supérieure de chacune de ces catégories de titres sont stables, témoignant de perspectives positives à l’égard des défauts de paiement. La capacité de rembourser certains prêts intégrés dans ces structures dépendra de nouvelles mesures de relance et d’une légère reprise économique.

Il faut porter une attention aussi grande à l’interrelation entre le soutien gouvernemental et la santé de la consommation qu’à l’engagement de la Fed de veiller à la bonne tenue des marchés du crédit.

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