Balado Trois en cinq

Épisode 25 – Trois questions sur les créances privées de première qualité pour Sam Tillinghast

Steve s’entretient avec Sam Tillinghast, directeur général principal et responsable des titres à revenu fixe, émissions privées, à Gestion SLC, afin de discuter des placements que son équipe effectue dans diverses émissions privées sur toute la duration.

Steve Peacher : Bonjour à tous. Je m’appelle Steve Peacher, et je suis le président de Gestion SLC. Bienvenue à ce nouvel épisode de la série Trois en cinq. Aujourd’hui, je suis en compagnie de Sam Tillinghast, directeur général principal à Gestion SLC. Il est responsable de l’une de nos plus importantes équipes, ici à la Sun Life et auprès de Clients tiers, soit celle des émissions privées de titres à revenu fixe. Sam, je vous remercie de prendre le temps de vous entretenir avec moi. J’aimerais qu’on discute aujourd’hui de placements de première qualité[1] sur le marché des titres de créances privées.

Sam Tillinghast : Merci de m’avoir invité, Steve.

Steve Peacher : Nous avons beaucoup entendu parler des répercussions de la pandémie sur les marchés boursiers et les marchés d’obligations d’État. Qu’en est-il des marchés de titres de créances privées? Comment ont-ils évolué depuis l’avènement de la pandémie?

Sam Tillinghast : L’état de ce marché cette année est la conséquence directe de l’année dernière. L’un des événements qui ont le plus marqué ce marché en 2020 est que plusieurs investisseurs ont manqué des occasions très intéressantes en raison de la surveillance des portefeuilles, ainsi que des amendements et des violations de clauses restrictives. D’autres investisseurs ont été trop prudents face à l’incertitude économique. Cette année, ces investisseurs tentent de compenser les occasions ratées l’année dernière, surtout sur le marché des crédits syndiqués (placements privés). Nous avons également observé une autre dynamique sur ce marché. De nouveaux investisseurs ont été attirés par ce marché en raison des écarts avec les titres de créances gouvernementales l’année dernière. À mesure que les écarts d’obligation se sont resserrés, et ce, de manière spectaculaire, au cours du deuxième semestre de 2020, les écarts de titres de créances privées sont demeurés à des niveaux beaucoup plus élevés presque tout au long de l’année.[2] De plus, de nouveaux capitaux ont été investis dans le marché sous forme de capital de tiers que les compagnies d’assurance-vie de plus grande taille et les gestionnaires d’actifs comme vous ont collectés. Par exemple, des régimes de retraite, des fournisseurs de solutions de placements en impartition et des compagnies d’assurance de dommages ont découvert que les créances privées de première qualité offrent des rendements plus élevés, subissent moins de pertes, en plus de découvrir que nous finançons la garantie. Nous avons ensuite assisté à une recrudescence de la demande en placements dans des titres de créances privées, ce qui a posé des défis, surtout pour les plus petits courtiers. Cette demande a entraîné d’importants appels d’offres et des opérations en syndication, et il a été difficile pour les plus petits prêteurs de répondre à la demande et d’atteindre leurs cibles. Les gros investisseurs, comme nous, ont contracté des prêts directs et des prêts syndiqués en circuit fermé, et ont effectué beaucoup d’opérations consortiales.

Steve Peacher : Vous savez que votre groupe effectue différents types d’opérations. Vous prêtez de l’argent pour financer des projets d’infrastructures, vous prêtez de l’argent aux entreprises du marché intermédiaire. Au cours des années, vous avez également prêté de l’argent pour financer des portefeuilles gérés par des gestionnaires de placements alternatifs, et vous avez tiré profit de tous ces prêts au cours des années, adossés d’excellentes garanties. Le marché a évolué, et aujourd’hui, vous considérez les placements alternatifs comme un secteur offrant des occasions de placement sous l’angle des instruments de dette. De quelle manière les émissions dans votre marché, le marché des placements privés pour gestionnaires de placements alternatifs, ont-elles changé?

Sam Tillinghast : Très bonne question, Steve. Elles ont changé de deux manières.

Les types d’opérations ont changé et le volume, tant en dollars qu’en nombre, a considérablement augmenté. Auparavant, on trouvait des occasions de prêts principalement dans le secteur pour les fonds de crédit, ou des opérations de placement dans des Sociétés de développement commercial (Business Development Companies – BDC) ou des comptes gérés séparément. Aujourd’hui, les gestionnaires de placements alternatifs émettent eux-mêmes des billets au niveau de la société de gestion. Ces gestionnaires d’actifs découvrent que le marché des titres de créances privées de première qualité peut procurer, à long terme, du capital, exécuter les ordres de manière efficace et confidentielle. Du point de vue du crédit, ces gestionnaires d’actifs sont des entreprises bien établies, dirigées par une solide équipe de direction, faisant preuve d’une bonne gouvernance, et ayant un plan de relève des dirigeants. En outre, ces gestionnaires gèrent un actif s’élevant à des dizaines de milliards de dollars dans des fonds diversifiés. Ces fonds produisent des flux entrants stables et prévisibles, sous forme de frais de gestion. Le produit de ces opérations de prêts privés fournit des capitaux supplémentaires que les gestionnaires d’actifs utilisent pour effectuer des co-investissements requis par les associés commanditaires et leurs fonds nouvellement levés. Et, à mesure que ces entreprises ont pris de l’expansion au fil du temps, le montant du capital requis a augmenté en tant que partie de fonds levés plus importants. Selon le magazine Private Placement Monitor, en 2018, les services financiers représentaient 21 % des sociétés privées d’investissement, 35 % en 2020, et 40 % depuis le début de 2021. Ces pourcentages incluent d’autres types de sociétés financières, y compris les FPI, mais presque toute la croissance est attribuable aux gestionnaires de placements alternatifs. Et, fait intéressant, cette croissance a même eu une incidence sur le tableau de performance des banques sur le marché des placements privés, lesquelles agissent à titre d’agents de placement. Une banque d’investissement qui concentrait ses activités dans ce secteur a récemment déclassé une banque commerciale qui était en première position depuis des décennies. La banque qui détenait précédemment la première place se concentrait sur des émetteurs plus traditionnels, comme les sociétés des secteurs de l’industrie et des services publics et les FPI. La banque qui occupe aujourd’hui la première place dans le tableau de performance se spécialise dans des sociétés plus inhabituelles. Plusieurs d’entre elles prêtent de l’argent à des fonds ou à des gestionnaires de placements alternatifs.

Steve Peacher : Lorsque les gens pensent aux placements privés, ils tendent à penser à des placements à longue duration (30 ans), et bien entendu, il y en a beaucoup sur le marché, et cela représente un secteur de concentration. Mais, votre équipe investit sur toute la courbe de la duration. Pouvez-vous nous parler des types d’occasions que vous trouvez à différents points de la courbe de la duration?

Sam Tillinghast : Certainement. On trouve différents types de sociétés pour différents besoins en duration. La plupart des investisseurs se concentrent surtout dans le segment à long terme de la courbe. Plusieurs des sociétés traditionnelles, notamment des secteurs de l’industrie et des services publics, sont à duration longue. C’est dans ces secteurs qu’on remarque une plus forte concurrence et nous voyons rarement des occasions qui offrent une valeur relative intéressante dans ce segment de la courbe. Nous voyons des valeurs plus intéressantes dans des financements de projets et des infrastructures, les financements basés sur le crédit d’un locataire, et les baux fonciers auprès de gestionnaires de placements alternatifs, dans le segment à long terme de la courbe. En fait, il y a moins de concurrence dans les segments à court et à moyen terme de la courbe et, de ce fait, nous voyons plus de valeur relative dans le segment à plus court terme de la courbe, notamment des sociétés privées qui émettent des titres adossés à des actifs, des occasions de financement de fonds, certains investissements privés et certains financements de projets et titres de créance d’infrastructures (fonds d’infrastructures qui acquiert des actifs existants).

Steve Peacher : Parfait. Merci beaucoup pour toutes ces informations sur les placements privés. J’aimerais terminer notre entretien en vous posant une question personnelle, si vous le permettez. Je sais que votre fille va se marier au début de l’année prochaine. Comment vont les préparatifs, mais surtout, en tant que père de la future mariée, est-ce qu’on écoute vos points de vue et conseils?

Sam Tillinghast : Pas du tout! Je n’ai pas beaucoup de responsabilités, sauf peut-être celle de me préparer à danser avec ma fille. La dernière fois que j’ai dansé, c’était avec ma fille, alors qu’elle était en quatrième année! Je prends un vol pour le Texas demain pour y rejoindre ma fille. Nous allons prendre des leçons de danse. Elle veut qu’on apprenne une chorégraphie. Ensuite, nous partons faire du camping ensemble, ce que nous n’avons pas fait depuis qu’elle était toute petite. Beau week-end en perspective.

Steve Peacher : Vous êtes à l’honneur et vous ne pouvez pas vous tromper! Il est bien que vous mettiez vos souliers de danse et alliez prendre quelques leçons. Merci pour cet entretien passionnant, Sam. Je remercie également les personnes à l’écoute, et je vous donne rendez-vous pour un autre épisode de Trois en cinq.

Sam Tillinghast : Merci, Steve.

 

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