Balado Trois en cinq

Épisode 10: Trois questions sur le baseball majeur pour Mark

Steve s’entretient avec Mark Attanasio, cofondateur de Crescent Capital Group et propriétaire des Brewers de Milwaukee, sur son expérience de propriétaire d’une équipe de la Ligue majeure de baseball pendant la pandémie.

Steve Peacher : Bonjour à tous et merci d’être à l’écoute. Je m’appelle Steve Peacher et je suis le président de Gestion SLC. J’anime Trois en cinq, une série de balados dans le cadre desquels nous posons trois questions pertinentes à des spécialistes de différents champs d’expertise de notre société. Aujourd’hui, je suis heureux d’être en compagnie de Mark Attanasio, qui est bien sûr cofondateur de Crescent Capital, mais aussi propriétaire des Brewers de Milwaukee, équipe de la Ligue majeure de baseball. Mark, merci de prendre le temps de discuter avec moi. 

Mark Attanasio : Le bonheur est pour moi, Steve.

Steve Peacher : L’an dernier, avec la COVID, nous nous sommes tous retrouvés à travailler de la maison à la mi-mars, juste avant le début de la saison de baseball. Comme toutes les équipes, vous avez dû vous adapter en catastrophe. Parmi toutes les mesures que vous avez dû prendre, lesquelles ont été les plus efficaces?

Mark Attanasio : Nous avons été pris par surprise. Nous terminions le camp d’entraînement en Arizona et nous nous préparions à rentrer au Wisconsin pour commencer la saison quand tout s’est arrêté d’un coup. Ça a été un vrai défi de redémarrer la machine en juin. Une équipe de baseball majeur, c’est 25 joueurs, plus les gérants, les instructeurs et les soigneurs, soit 40 personnes qui se côtoient dans une salle commune plutôt exiguë. Nous devions trouver le moyen de faire circuler tout le monde sans propager la maladie, d’où les masques, le lavage des mains, comme dans les bureaux. Même les repas posaient un problème. Il y a une cafétéria dans les salles communes des équipes du baseball majeur; celle des Yankees a des dimensions respectables, mais les autres sont plutôt petites. Nos joueurs ne pouvaient plus manger là pour des raisons de distanciation physique, et nous avons dû aménager une aire de repas dans la coursive où nos partisans ont l’habitude de circuler dans notre stade Miller Park maintenant appelé American Family Field. Nous avons donc dû prendre une foule de mesures, et c’est tout au crédit de la ligue d’avoir présenté une saison complète de 60 matchs en gardant tout le monde en sécurité. Le docteur Fauci a mentionné plusieurs fois qu’il avait été surpris que nous arrivions à la faire, vu la contagiosité du virus; c’est un amateur de baseball, bien qu’à le voir effectuer des lancers protocolaires, je pense qu’il a bien fait de s’en tenir à la médecine. Notre plus grande réussite de l’an dernier a été d’avoir appris à limiter la propagation de la maladie. Ceci nous aide d’ailleurs cette année. Nous savions dans quoi nous nous embarquions et nous avons commencé la saison de baseball du bon pied, avec très peu d’infections. Cela s’explique en partie par le fait qu’on commence à maîtriser la pandémie, mais surtout par les protocoles que nous avons mis en place pour freiner la propagation du virus si quelqu’un tombe malade.

Steve Peacher : De mon point de vue de profane, j’ai observé que certains joueurs vedettes n’avaient pas donné la pleine mesure de leur talent l’an dernier, ce qui n’est probablement pas surprenant. D’après vous, qu’est-ce qui a le plus affecté les joueurs? En particulier, dans quelle mesure l’absence de partisans dans les stades a-t-elle nui à leurs performances?

Mark Attanasio : Cela a eu un impact significatif sur les joueurs, en tout cas certainement chez les Brewers. Bien que nous ne soyons pas trop loin de Toronto à vol d’oiseau, vous ne nous connaissez peut-être pas beaucoup parce que nous jouons dans l’autre ligue, mais certains savent sans doute que nous nous classons presque toujours dans les 10 premiers pour l’assistance et que nous avons un stade couvert. La foule est donc très bruyante, et son absence s’est beaucoup fait sentir. L’an dernier, durant le week-end d’ouverture contre les Cubs, il n’y avait pas non plus de sons de foule artificiels, de sorte que les joueurs pouvaient s’entendre se narguer d’un abri à l’autre, ce qui a abouti à une altercation sur le terrain. L’arrivée des sons artificiels a créé un semblant de normalité, mais nous nous sentions quand même dans un monde parallèle. J’ai assisté à plusieurs matchs durant l’année; j’étais presque seul dans les gradins et nous devions nous astreindre à des tests rigoureux – au début, on pensait que le virus se transmettait par les objets, alors qu’il se propage dans l’air, je devais donc rester à l’intérieur, à moins de sortir avec un masque. Encore maintenant, je passe un test salivaire et un test PCR trois fois par semaine pour pouvoir fréquenter les joueurs. C’était donc très étrange, d’autant plus qu’ils ont installé des mannequins en carton à l’effigie des partisans, comme à Boston où vous vous trouvez et à Buffalo où l’équipe de Toronto a joué en raison des règles imposées au Canada. Bref, les spectateurs en carton s’ajoutaient aux sons artificiels pour créer une atmosphère très bizarre. Tout le monde est ravi de revoir les partisans. Tous les membres de l’équipe me disent à quel point ils apprécient le retour de la foule dans le stade. 

Steve Peacher : Il y a deux semaines, j’ai assisté à un match à Camden Yards; les choses étaient à peu près normales, sauf que le stade n’était pas rempli à pleine capacité. Pensez-vous que certains changements institués en raison de la pandémie sont là pour rester?

Mark Attanasio : L’an dernier, nous avons apporté deux changements pour raccourcir les matchs. Nous devions le faire parce que nous nous disions que plus les joueurs passaient de temps ensemble, plus le risque de contagion augmentait. Premièrement, nous avons appliqué une règle mise à l’essai depuis plusieurs années dans les ligues mineures, à savoir commencer les manches supplémentaires avec un coureur au deuxième but. Ce changement a modifié les stratégies et donné lieu à beaucoup d’action, surtout quand les lanceurs oubliaient la présence de ce coureur à la dixième manche. Les puristes du baseball ne semblent pas apprécier cette règle, mais elle a généralement permis de limiter les matchs à 12 manches ou moins au lieu des marathons de 18 manches que nous connaissions. Elle pourrait donc rester. Deuxièmement, nous sommes passés à deux matchs de sept manches lors des programmes doubles. Cette règle pourrait également rester. Tout ceci fera partie de la négociation du renouvellement de la convention collective des joueurs qui viendra à échéance à la fin de l’année. Soit dit en passant, le principal changement que j’observe cette année n’est pas lié à la pandémie. Il s’agit de la montée en puissance des jeunes joueurs. J’en suis à ma 16e ou 17e saison à titre de propriétaire – le temps passe vite – et je vois à quel point les qualités athlétiques des joueurs se sont améliorées depuis mon entrée dans le monde du baseball en 2005. Par exemple, à Toronto, Vlad Guerrero Junior a déjà frappé 17 coups de circuit cette année, au premier rang des ligues majeures, ce qui relève de l’exploit durant une saison dominée par les lanceurs qui comptent déjà six matchs sans point ni coup sûr. Qu’un joueur dans la jeune vingtaine manifeste un tel talent et ait un tel impact est très positif pour le sport. Ces jeunes joueurs insufflent beaucoup d’enthousiasme au baseball. C’est le grand changement, et ça n’a rien à voir avec la pandémie.

Steve Peacher : Contrairement aux traditionalistes du baseball, j’apprécie certains changements, comme le raccourcissement des matchs qui est excellent pour les partisans. Pour terminer, j’aimerais vous poser une question personnelle : maintenant, vous possédez une équipe de baseball, mais quel était votre joueur préféré quand vous étiez jeune?

Mark Attanasio : J’ai grandi dans le quartier italien du Bronx, à Pelham Bay, à proximité du Yankee Stadium. J’étais donc un partisan des Yankees et mon joueur préféré était Mickey Mantle, alors en fin de carrière. Comme je vous l’ai dit avant l’entrevue, j’ai enfin trouvé la carte recrue de Mickey Mantle. Ma mère avait gardé toutes mes vieilles cartes de baseball; je les ai chez moi, dans des boîtes de chaussures. Celle de Mantle est en parfait état, dans un bel étui de plastique. Je l’ai mise dans un coffre-fort. Ça me rend nerveux, mais je suis très heureux de l’avoir! 

Steve Peacher : Comme quoi les cartes de baseball ne perdent jamais leur attrait, qu’on soit enfant ou adulte. Je vous remercie de vous être joint à moi et je souhaite bonne chance aux Brewers de Milwaukee bien que je sois partisan des Cardinals. Merci à tous d’avoir été à l’écoute et je vous invite à être des nôtres pour le prochain épisode de « Trois en cinq ». 

Mark Attanasio : Merci, Steve.

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