Balado Trois en cinq

Épisode 13 : Trois questions sur les régimes de retraite pour Tim

Steve rencontre Tim Boomer, directeur général principal et chef des Solutions pour les Clients, Gestion SLC, pour discuter des effets de la pandémie sur les niveaux de provisionnement des régimes de retraite, des modifications dans la composition des portefeuilles et le rôle futur des placements dans les titres à revenu fixe (transcription en français seulement).

Steve Peacher : Merci à tous d’être à l’écoute de ce segment de « Trois en cinq ». Ici Steve Peacher, de Gestion SLC. Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Tim Boomer, chef des Solutions Clients de Gestion SLC. Tim est actuaire et c’est aussi un brave type, alors merci, Tim de vous joindre à nous.

Tim Boomer : Bonjour Steve, content d’être ici. J’espère que d’inviter un actuaire pour votre balado ne fera pas trop chuter vos cotes d’écoute.

Steve Peacher : Alors, quelques questions aujourd’hui sur les régimes de retraite et la façon dont ils investissent les actifs dans l’environnement actuel. Vous savez, depuis le début de la pandémie, les rendements de certaines catégories d’actif, notamment les actions, ont été beaucoup plus solides que ne le prévoyaient beaucoup d’observateurs. Et les taux d’intérêt, du moins à ce jour, se sont avérés beaucoup plus faibles qu’on ne s’y attendait, compte tenu de l’évolution de l’inflation. Comment toutes ces perturbations touchent-elles les régimes de retraite et leurs niveaux de provisionnement?

Tim Boomer : Eh bien, nous avons connu de véritables montagnes russes en 18 mois, Steve, et je crois que beaucoup de promoteurs de régimes sont probablement très soulagés de s’en être sortis. Vous savez, si nous revenons à la fin de 2019 qui nous semble si loin aujourd’hui, beaucoup de promoteurs de régimes ou le régime moyen étaient probablement dans la tranche inférieure des 90 %, pour ce qui est du provisionnement. Nous avons ensuite été frappés par la pandémie et ce qui est d’abord arrivé, c’est une baisse des actions. Nous avons vu les taux augmenter et cela a contrebalancé... ou plutôt les taux d’escompte ont augmenté comme les écarts de crédit des sociétés un peu partout, et cela a un peu contrebalancé l’effet pour les promoteurs de régimes. Lorsque nous sommes arrivés au milieu de l’été dernier, où les taux se sont rétablis, les taux d’escompte étaient à nouveau faibles et les régimes moyens étaient en baisse dans la tranche inférieure des 80 %, ce qui a durement touché beaucoup de promoteurs de régimes. Depuis, la situation s’est inversée et, comme vous l’avez dit, les marchés des actions ont été solides, d’une année sur l’autre je crois que nous avons constaté 40 %, pour les 12 derniers mois. Et c’est ce qui a vraiment ramené beaucoup de régimes presque à un provisionnement entier. Je crois que l’un des éléments clés, c’est que bien que différents promoteurs de régimes l’aient vécu de manières très différentes, ceux qui avaient beaucoup investi dans des actifs risqués ont suivi une trajectoire plus volatile, mais ont peut-être mieux tiré leur épingle du jeu. Ceux qui avaient réduit les risques ont connu un parcours plus stable et des résultats beaucoup plus prévisibles pendant cette période. Je crois également que si l’on choisit de rééquilibrer, cela a d’importants effets sur le niveau de provisionnement. Le rééquilibrage s’est avéré rigoureux et si on achète des actions à un cours faible et si on revient à ces actifs, on s’en tire peut-être un peu mieux que ceux qui n’ont pas bougé.

Steve Peacher : Comme vous avez observé les promoteurs de régimes naviguer dans ce contexte, avez-vous vu d’importants changements dans la composition de leurs portefeuilles?

Tim Boomer : Je crois que chaque fois que le niveau de provisionnement s’améliore, c’est qu’on a cherché à réduire les risques. La plupart des promoteurs de régime ont aujourd’hui un objectif final. Et cet objectif pourrait être la collaboration avec une compagnie d’assurance, ce pourrait être de mettre le régime en hibernation pendant une période prolongée, mais en général, on s’oriente vers une réduction des risques. Et ce, par deux avenues : nous voyons les régimes de retraite, qui ont une trajectoire prédéfinie, et c’est lorsque le niveau de provisionnement s’améliore que la composition de l’actif délaisse les titres à risque pour des instruments de couverture et nous avons constaté cette tendance chez nos clients existants. Et l’autre avenue, c’est qu’après une période de grande volatilité comme celle que nous avons vécue, beaucoup de gens restaient sur la touche et attendaient une occasion de réduire les risques ou étaient à l’aise avec leur niveau de risque existant. Et pendant une période comme les 18 derniers mois, on peut voir les sérieux effets de la volatilité sur les régimes de retraite et sur les bilans. Et c’est probablement ce qui a ramené certaines personnes sur le marché pour réduire leurs risques. De nouveaux clients ont montré beaucoup d’intérêt à faire de premiers pas vers la réduction des risques ou à prolonger la duration et réduire ainsi un peu les risques de leurs régimes.

Steve Peacher : Alors, si vous pensez à cette augmentation axée sur la réduction des risques, ce mouvement vers des actifs de couverture du passif, cela signifie plus de titres à revenu fixe. Que voyez-vous dans le portefeuille des titres à revenu fixe, les promoteurs de régimes estiment-ils que certains titres peuvent gagner en importance dans la stratégie globale?

Tim Boomer : C’est une intéressante question Steve. Je crois que ce que nous entendons le plus à propos des portefeuilles de titres à revenu fixe, c’est la diversification. À mesure que les titres à revenu fixe occupent une plus grande place dans la composition de l’actif, de plus nombreux promoteurs de régime s’y attardent et voient comment les gestionnaires s’alignent les uns sur les autres. Ils recherchent des gestionnaires qui fournissent des sources diversifiées d’alpha qui surclassent différents environnements et nous en obtenons de plus en plus. Cela se traduit probablement même hors du portefeuille des titres à revenu fixe, chez des gens en quête d’autres sources de titres de créance pour couvrir leur passif. Je crois que dans le passé, le monde des investissements guidés par le passif (IGP) parlait des actifs de couverture et des actifs de croissance en dépeignant un univers tout noir ou tout blanc, alors que beaucoup de catégories d’actifs se situent dans les zones grises entre les deux. Je crois que ça devient plus intéressant quand on cherche à diversifier sa stratégie de couverture. Je vois donc la répartition de l’actif dans ces zones grises — comme les titres à rendement élevé ou les prêts directs — probablement plus vers le côté croissance, comme choix de remplacement pour les actions, tout en procurant certains avantages de couverture. Au milieu, vous avez des secteurs comme les infrastructures, les titres de créance immobiliers, qui peuvent générer des taux constants et un environnement à plus faible risque, mais procurer tout de même un certain potentiel de rendement excédentaire comparativement aux obligations. Et ensuite, probablement plutôt du côté couverture, nous voyons beaucoup d’avenues intéressantes comme le crédit privé de bonne qualité qui permettrait aux régimes de retraite d’exploiter une part de leur illiquidité, qu’ils sont à l’aise d’exploiter tout en bénéficiant de primes supplémentaires comparativement aux obligations. Je crois que nous voyons maintenant certains outils parfois utilisés dans le passé par les compagnies d’assurance-vie pour soutenir les obligations à long terme qui deviennent plus accessibles aux promoteurs de régimes, qui les explorent pour construire une stratégie plus complexe d’investissements guidés par le passif.

Steve Peacher : Merci. Tim, j’ai une dernière question, mais qui n’a rien à voir avec les fonds de retraite. Je sais que vous êtes un amateur de surf et que vous participez aux activités d’un organisme qui s’occupe des anciens combattants et du surf, ce qui est super. Ma question est la suivante : vous habitez la Nouvelle-Angleterre, et on a aperçu de plus en plus de requins blancs dans cette région. Alors comment faites-vous pour éviter d’être la proie d’un requin blanc quand vous allez surfer sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre?

Tim Boomer : Bonne question Steve. J’aime bien que vous disiez « amateur de surf » et non « grand surfeur », parce que ça décrit bien mon niveau. J’ai eu la chance ne ne jamais voir de requin dans l’eau. Je surfais au Mexique, il y a quelque temps, et j’ai vu un aileron faire surface. J’ai crié et un petit garçon à côté de moi m’a expliqué que ce n’était qu’une tortue qui sortait sa patte hors de l’eau. Pour ma part, c’est ce qui s’approchait le plus d’un requin et j’espère ne jamais en voir un de près.

Steve Peacher : Super, je vais vous laisser voguer sur les vagues avec votre planche de surf, et je vous regarderai de la plage. Merci beaucoup, Tim d’avoir pris le temps de nous parler. Et merci à tous d’avoir été à l’écoute de cet épisode de « Trois en cinq ».

Tim Boomer : Merci à vous, Steve.

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