Dec Mullarkey
directeur général, stratégie de placement
et répartition de l’actif
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À l’issue de sa réunion de cette semaine, comme prévu, la Fed a relevé le taux des fonds fédéraux de 25 points de base (pb). Si la déclaration de la Fed qui accompagnait cette décision était rédigée dans un style plutôt terne, la conférence de presse qui a suivi s’est révélée comme toujours très intéressante. Lorsqu’il s’est adressé à la presse cette semaine, le président Jerome Powell a clairement indiqué que d’autres hausses étaient prévues. S’il a reconnu la présence de signes précoces de désinflation, il a également fait valoir qu’il était nécessaire de disposer de « beaucoup plus de preuves » montrant que l’inflation est bien maîtrisée.

Le marché et la Fed ne sont toujours pas d’accord sur la trajectoire des taux pour la suite de l’année. Alors que le marché s’attend à des baisses de taux, la Fed dit vouloir faire preuve de patience. Lors de la conférence de presse, M. Powell a donné des précisions sur ce point, en attribuant ce décalage à une divergence de vues sur l’inflation. Alors que le marché estime que le chemin sera facile vers l’atteinte de l’objectif d’inflation de la Fed, cette dernière entrevoit au contraire de nombreux obstacles. Or, ce n’est qu’avec le temps et davantage de données qu’elle pourra changer d’avis.

Malgré tout, M. Powell a réaffirmé que « les circonstances favorables à un atterrissage en douceur sont près d’être réunies ». La Banque centrale européenne et la Banque d’Angleterre ont de leur côté toutes deux relevé leurs taux de 50 points de base, cherchant elles aussi à réduire le poids de l’inflation.

Source : Réserve fédérale américaine, 2023. 

Linda Kong Ting
directrice principale, analyse du crédit et gestion des actifs
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Les obligations de sociétés américaines de première qualité ont connu un bon départ en janvier, enregistrant des rendements de 4 % pour le mois. Grâce à la confiance exprimée, le marché des nouvelles émissions a été actif et les obligations ont été accueillies avec enthousiasme à tous les niveaux de la structure du capital. C’est pourquoi le mois de janvier est surtout remarquable en raison de ce qui n’est pas arrivé sur le marché : les obligations vertes nationales. Bien qu’au moins six grands émetteurs soient arrivés sur le marché avec des obligations vertes en dollars américains, un seul (une banque régionale) était domicilié aux États-Unis. Si cette seule obligation verte nationale a enregistré de bonnes performances, elle n’a pas dépassé de manière notable une autre tranche « ordinaire » du même émetteur.

Ce résultat met en lumière un certain nombre de changements sur les marchés des obligations de sociétés américaines. Si les investisseurs internationaux restent préoccupés par l’importance des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) pour leurs placements, il semble que les émetteurs nationaux se méfient plutôt de la segmentation du marché à un moment où la liquidité peut se tarir rapidement. Du côté des acheteurs, cette segmentation résulte de la question de savoir si les obligations vertes accordent une attention « suffisante » aux facteurs ESG, de la liquidité généralement plus faible des obligations vertes dans un contexte économique fondamentalement marqué par la volatilité, d’un examen réglementaire plus approfondi des affirmations en matière d’ESG et de la nature évolutive des facteurs ESG mêmes. Il est probable que les émetteurs continueront de divulguer des données liées aux facteurs ESG, voire en divulgueront de plus en plus, mais une véritable reprise des émissions nationales d’obligations vertes pourrait nécessiter une amélioration des conditions de liquidité ainsi qu’une performance globale plus soutenue des titres à revenu fixe.

Source : Bloomberg, 2023.

Andrew Kleeman
directeur général principal et chef des placements privés de sociétés
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Les spécialistes des titres de crédit privé de premier plan sont de retour à leur bureau cette semaine après la conférence annuelle qui s’est déroulée la semaine dernière. Même si nous examinons et sélectionnons des transactions depuis le début du mois de janvier, la conférence est considérée comme le « coup d’envoi » de l’année. Malgré les vents contraires qui soufflent sur l’économie et le fait que certaines banques centrales, dont la Fed, privilégient toujours une politique restrictive, le ton des réunions exprimait de l’optimisme – ou peut-être le soulagement que 2022 ait été une meilleure année que prévu! Les points à retenir pour l’année sont la solidité attendue des émissions, l’augmentation des opérations transfrontalières et structurées et la concurrence accrue pour conclure des opérations. Cette année, comme chaque année, notre objectif est d’offrir à nos clients la meilleure valeur relative du marché grâce à une souscription diligente et à un effort de recherche important. Nous tirons ainsi parti de notre expertise en matière de titres de crédit et de structuration des opérations.

John Bichajian
directeur principal, produits dérivés et stratégies quantitatives
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Le taux Canadian Dollar Offered Rate (CDOR), qui a été établi à l’origine dans les années 1980 pour servir de base à la tarification des facilités de crédit liées à des acceptations bancaires, sert de base à des opérations dont le montant brut total dépasse 20 000 milliards de dollars canadiens, la grande majorité de ces opérations étant liée à des produits dérivés.

De nombreux acteurs du marché se souviennent probablement du scandale lié à la manipulation du taux interbancaire offert à Londres (LIBOR), qui a éclaboussé le secteur financier en 2012, entraînant des amendes de plus de 10 milliards de dollars américains pour les banques ainsi que des peines de prison pour plusieurs négociateurs impliqués. Le scandale a entraîné le passage, aux États-Unis, du LIBOR, qui repose sur le jugement subjectif d’une poignée d’individus dans certaines banques, au Secured Overnight Financing Rate (SOFR), taux basé sur le marché et dérivé du taux à un jour du marché des pensions. Le Canada est en train de procéder à un changement similaire, qui passera par l’abandon du taux pour les acceptations bancaires.

Le CDOR, qui a été la principale référence en matière de taux d’intérêt au Canada pendant des décennies, cessera d’être publié à partir de juin 2024; la majorité des nouveaux dérivés passeront cet été du CDOR au taux des opérations de pension à un jour (CORRA). L’année en cours sera marquée par de grands changements sur les marchés canadiens, car la fin du CDOR aura des répercussions importantes sur le marché canadien des titres à revenu fixe, sur le secteur des prêts hypothécaires et à la consommation et sur les sociétés et conseillers en placements.

Source : Banque du Canada, 2023. 

Le portrait du marché est fondé sur des commentaires de gestionnaires de portefeuille individuels et des observations du marché. Les renseignements qu’il contient ne doivent en aucun cas tenir lieu de conseils particuliers d’ordre financier, fiscal, juridique ou comptable ni en matière d’assurance et de placement. Ils ne doivent pas être considérés comme une source d’information à cet égard et ne constituent pas une offre d’achat ou de vente de valeurs mobilières, ni de services d’assurance ou de placement. Les investisseurs devraient obtenir l’avis d’un conseiller professionnel avant de prendre une décision en fonction des renseignements présentés ici.

 

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