Dec Mullarkey
Directeur général, stratégie de placement et répartition de l’actif
Il y a dix ans cette semaine, le Royaume-Uni a voté pour quitter l’Union européenne. Le résultat du Brexit a été un choc. Les sondages ne l’avaient pas prévu, ce qui fait que le camp gagnant était aussi surpris que celui des perdants. Ceux qui ont fait la promotion de la rupture ont promis une économie plus dynamique. Une économie qui, une fois découplée des organismes de réglementation de l’Union européenne, libérerait une innovation à profusion.
Est-ce que cela s’est produit? La réponse économique simple est non.
La croissance du Royaume-Uni a été inférieure à celle de la plupart de ses pairs du G7. Certains des suivis les plus rigoureux indiquent que l’économie du Royaume-Uni est de 6 % à 8 % en deçà de ce qu’elle aurait été si le pays était resté dans l’Union européenne. L’attente était que, libéré des réglementations de l’Union européenne, le Royaume-Uni conclurait des accords commerciaux plus lucratifs partout ailleurs. Cela ne s’est pas produit.
Un principe de l’économie est que les pays ont tendance à commercer principalement avec leurs voisins. L’Union européenne reste cruciale pour le Royaume-Uni en fait d’exportations et d’importations, mais il faut maintenant beaucoup de paperasse des deux parties. Les grandes sociétés peuvent faire face au fardeau. Mais les petites et moyennes entreprises ne le peuvent pas, au point où un nombre important d’entre elles ont réduit leurs activités avec l’Union européenne ou les ont complètement abandonnées. Le secteur manufacturier a perdu du terrain tandis que celui des services en a gagné. Cependant, cette croissance est attribuable à des industries qui comportent moins de barrières commerciales.
Dans un revirement de situation étrange, le Royaume-Uni n’a pas révisé en interne certaines réglementations de l’Union européenne. Par exemple, celles qui dictent et limitent les heures de travail au Royaume-Uni demeurent en place. Bien que les politiciens les aient ridiculisées lors du vote sur le Brexit, ils les ont laissées inchangées, ce qui suggère qu’elles sont plus populaires que prévu.
La grande leçon : les économistes traditionnels avaient raison. Ils ont averti que de poser des barrières au commerce et à la concurrence entraverait la croissance. C’est ce qui s’est produit, et l’investissement a diminué et a fait baisser la productivité et les salaires réels. Sur le plan politique, 57 % des Britanniques disent aux sondeurs de YouGov que le Brexit était une erreur.
La bonne nouvelle est que la relation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne s’améliore. Et d’autres pays au sein de l’Union européenne, qui auraient pu envisager une rupture, ne le font plus après avoir vu le bilan du Brexit. C’est une étude moderne qui montre que les politiciens et les électeurs peuvent éviter certains accidents en accordant plus d’attention à l’analyse économique conventionnelle.
Sources : Bloomberg, YouGov, The Financial Times, 2026.