Du bureau de…

Portrait du marché par nos équipes de placement

Semaine du 17 août 2026

Dec Mullarkey

Directeur général, stratégie de placement et répartition de l’actif

Les gouvernements du monde entier affichent des déficits persistants et doivent emprunter davantage pour financer leurs budgets. De plus, la facture pour l’amélioration des infrastructures ne cesse de croître, car les changements climatiques et les perturbations géopolitiques occasionnent des dépenses supplémentaires pour des sources d’énergie de remplacement, la défense et la résilience de la chaîne d’approvisionnement. Les investisseurs obligataires du monde entier constatent tout cela et exigent davantage de mesures pour contenir la dette. Les taux sur la dette publique à long terme des économies développées approchent les sommets atteints durant la décennie et, dans le cas du Japon, des sommets historiques.

Bien que les menaces d’inflation ajoutent à l’inquiétude, la plus grande préoccupation demeure l’absence apparente d’urgence sur le plan politique pour maîtriser les déficits. Mais comme les marchés obligataires manifestent leur malaise, les décideurs commencent à réagir. Cette semaine aux États-Unis, alors que les taux à 10 et 30 ans augmentaient, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a annoncé que son département commencerait à racheter davantage de dette publique. Cette annonce a fait légèrement baisser les taux, mais le dollar s’est affaibli. Que suggère cette réaction? Que les marchés ont considéré cette intervention comme contribuant à réduire l’offre immédiate, mais qu’elle ne modifiait guère la trajectoire globale de la dette.

Les marchés obligataires réévaluent lentement les risques budgétaires croissants. Nous en sommes encore aux premiers stades de ce signal subtil des marchés, mais si les décideurs ne portent pas davantage attention à la situation budgétaire, il pourrait devenir un rugissement.

Sources : Bloomberg, The Financial Times, 2026.

Justina Wong

Directrice principale, placements privés à revenu fixe

Andrew Kleeman

Directeur général principal, cochef des placements privés à revenu fixe

Pour la plupart des placements privés syndiqués à grande échelle, les écarts se sont resserrés depuis le début de 2025, ce qui a entraîné un nombre croissant de transactions en dollars américains avec des écarts à deux chiffres seulement, selon les données de Private Placement Monitor. Les émissions de moins de 100 points de base (pb) proviennent principalement de services publics de qualité supérieure (désignés « NAIC 1 » par la National Association of Insurance Commissioners) et de certaines entreprises industrielles. L’augmentation de ces transactions de placements privés, et les changements généraux de durée, méritent un examen approfondi du marché.

Si l’on remonte à 2023, il y a eu trois transactions, totalisant 390 millions de dollars, qui ont été évaluées dans la fourchette de +85 à 95 pb, mais pour des durées plus courtes (durée moyenne pondérée [DMP] de 3 à 5 ans). En 2024, il y a eu cinq transactions, totalisant environ 747 millions de dollars, qui ont été évaluées dans la fourchette de +80 à 95 pb, et dont la DMP était également de 3 à 5 ans. En 2025, on est passé à 21 transactions, totalisant plus de 3,3 milliards de dollars, qui ont été évaluées dans la fourchette de +70 à 95 pb. Plus remarquable encore, la fourchette de DMP s’est élargie pour atteindre de 3 à 30 ans. Ce phénomène s’est poursuivi dans la première moitié de 2026 avec 13 transactions, totalisant plus de 2 milliards de dollars, évaluées dans la fourchette de +75 à 95 pb, avec une DMP allant de 2 à 21 ans. Notons que même avec des transactions de durée plus longue en 2025 et au premier semestre de 2026, le coupon moyen pondéré a en fait diminué pour les émissions de moins de 100 pb.

La cause principale du phénomène est un resserrement des écarts des obligations publiques. La plupart des transactions de durée plus longue mentionnées précédemment sont syndiquées à grande échelle et sont moins complexes. Un facteur potentiel est que les taux de base plus élevés ont rendu les émetteurs plus réticents à émettre des titres de créance à plus longue échéance afin de maintenir des coupons globaux plus bas. Les investisseurs qui souhaitent une durée plus longue se trouvent dans un marché plus concurrentiel et assouplissent leurs exigences en matière d’écart. Cela les amène à réaliser des transactions de placement privé avec peu ou pas de valeur relative par rapport aux obligations publiques. À titre de référence, au premier semestre de 2026, il y a eu 800 millions de dollars d’émissions de services publics NAIC 1, toutes des obligations hypothécaires de premier rang émises pour 10 ans ou plus à seulement +90 à 95 pb. Durant la même période, l’indice des obligations de services publics cotées A+/A/A- à 10 ans s’établissait en moyenne à environ +88 pb.

L’environnement de marché actuel est favorable aux émetteurs. Il exige des investisseurs qu’ils fassent preuve de stratégie et de discipline dans la gestion de la répartition de l’actif, et qu’ils se concentrent sur la recherche des meilleures occasions de valeur relative plutôt que sur les occasions de transaction. Lorsque la valeur relative des placements privés dans certains secteurs, comme les services publics, est faible par rapport aux obligations publiques, les investisseurs devraient peut-être évaluer s’ils feraient mieux d’allouer des fonds aux obligations publiques dans ces secteurs, tout en examinant avec rigueur les occasions de placements privés dans d’autres secteurs à valeur relative plus élevée ou dans des créneaux spécialisés.

Source : Private Placement Monitor, 2026. 

L’information peut présenter des énoncés qui tiennent compte d’attentes ou de prévisions liées à des événements futurs. Les énoncés prospectifs sont de nature spéculative et peuvent faire l’objet de risques, d’incertitudes et d’hypothèses qui pourraient différer de façon importante des énoncés. Les opinions et commentaires formulés sont susceptibles de changer sans préavis. Gestion SLC n’a aucun lien avec les tierces parties mentionnées dans l’article et n’en appuie aucune.

Le portrait du marché est fondé sur des opinions d’auteurs individuels et des observations du marché. Les équipes de placement de Gestion SLC peuvent avoir des points de vue différents et/ou prendre des décisions de placement différentes. Il s’agit d’observations qui ne doivent en aucun cas tenir lieu de conseils particuliers d’ordre financier, fiscal, juridique ou comptable ni en matière d’assurance et de placement. Elles ne doivent pas être considérées comme une source d’information à cet égard et ne constituent pas une offre d’achat ou de vente de valeurs mobilières, ni de services d’assurance ou de placement. Les investisseurs devraient obtenir l’avis d’un conseiller professionnel avant de prendre une décision en fonction des renseignements qui figurent dans ce document. 

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