Marché

Le marché américain des placements privés a démarré l’année 2022 en beauté, les émissions atteignant 24,4 milliards de dollars au premier trimestre, soit un volume nettement supérieur à celui de 17,9 milliards de dollars du premier trimestre de 2021. Malgré l’activité intense observée en janvier, les opérations ont été florissantes jusqu’à la fin du trimestre, le volume de mars dépassant largement celui de janvier et février. Dopé par la vigueur économique, ce marché réputé pour son ouverture face à l’incertitude a fait fi – du moins pour le moment – des tensions géopolitiques, de l’inflation et de la hausse des taux des obligations du Trésor.

Le volume transfrontalier a représenté 33 % du total des émissions, contre 28 % au premier trimestre de 2021. Plusieurs raisons expliquent cette hausse, dont la réduction progressive des mesures de relance locales, la normalisation relative des taux de swap grâce au rétablissement des marchés après la pandémie et le meilleur fonctionnement du marché des placements privés aux États-Unis par rapport à celui de l’Europe, perturbé par l’amorce de la guerre en Ukraine.

Environ 66 % des émissions totales provenaient du secteur des services financiers au cours du trimestre, contre 58 % un an plus tôt et 23 % au premier trimestre de 2019. Les émissions dans ce secteur étaient réparties à parts assez égales entre celles des sociétés de placement (gestionnaires d’actifs, sociétés de fonds et de services financiers) et celles des FPI et des sociétés immobilières. Le marché des gestionnaires d’actifs alternatifs a été disparate du point de vue de la qualité, de la taille et des protections structurelles des gestionnaires. Le marché a du mal à absorber le volume du secteur, ce qui est favorable aux investisseurs, car les spécialistes du domaine peuvent acquérir des créances solides offrant encore une bonne valeur relative.

Stables en début d’année, les écarts des titres d’émissions privées se sont élargis en février dans toute la gamme des durées et des qualités en raison de la guerre en Ukraine. Les écarts se sont rapidement élargis sur le marché obligataire public, mais ils ont évolué lentement sur le marché privé et la valeur relative s’est effritée pendant quelques semaines, vers la fin de février et le début de mars. Puis les écarts se sont resserrés en mars sur les marchés publics et privés. Apparemment, quelques opérations ont été ajournées en raison de la volatilité ambiante, mais notre marché a globalement bien fonctionné et a offert une source de financement stable et fiable durant le trimestre. La demande des investisseurs excédant l’offre, le marché des titres de créance privés faisant l’objet d’un large placement a encore été le terrain de sursouscriptions et d’attributions de fractions. Selon nous, la situation devrait persister. En effet, notre marché attire davantage d’investisseurs, car les clauses, les structures et la valeur relative y sont intéressantes.

Gestion SLC

Au premier trimestre de 2022, l’activité de Gestion SLC dans le secteur des titres à revenu fixe en dollars américains a été sélective. Seize opérations ont été réalisées, pour un montant de 623 millions de dollars. La composition des placements a traduit un mélange harmonieux d’opérations commercialisées à grande échelle à juste prix et d’opérations exclusives ou de clubs d’investissement offrant une valeur supérieure. En moyenne, les opérations de Gestion SLC avaient une durée moyenne pondérée de 8 ans et un écart moyen par rapport aux équivalents du Trésor américain de 202 points de base. Du point de vue de la qualité, les titres notés A et BBB représentaient respectivement 43 % et 57 % de l’ensemble au cours du trimestre.

Perspectives

La volatilité rend les marchés intéressants, mais nous restons fortement concentrés sur la réalisation de nos objectifs de valeur relative. Les écarts se creusant sur le marché public, les occasions seront sans doute moins nombreuses, car le marché privé réagit lentement. Ce marché offre toutefois des occasions uniques aux investisseurs qui sont prêts à faire des placements sérieux. De bonnes occasions se présenteront, selon nous, dans des secteurs comme ceux de la gestion d’actifs et des infrastructures. Nous continuons à trouver de la valeur dans des opérations sur mesure moins concurrentielles qui nous permettent de tirer parti de notre solide plateforme de montage, de notre expertise sectorielle et de nos relations de longue date pour optimiser les répartitions.

T1 2022 Durée moyenne pondérée Note moyenne Écart moyen¹
Marché des placements privés 10,2 ans

43%: A

57%: BBB

137
Gestion SLC² 8,4 ans

43%: A

57%: BBB

202

¹ Tous les engagements

² Les chiffres de Gestion SLC reposent sur l’ensemble des engagements

La notation du crédit de première qualité détenu dans nos portefeuilles de placements privés est effectuée suivant une méthode de notation du crédit exclusive, élaborée à l’interne à partir de modèles achetés à l’externe et développés à l’interne. Cette méthode est régulièrement examinée. Plus de détails seront fournis sur demande. Bien que la plupart des placements privés libellés en dollars américains sont évalués à l’externe, rien ne garantit que les actifs non cotés détenus en portefeuille obtiennent les mêmes cotes s’ils étaient évalués de façon indépendante par de grandes agences d’évaluation du crédit.

Pleins feux sur le comportement sur les marchés privés en période de volatilité des marchés publics

Les marchés publics de titres à revenu fixe ont été en proie à une volatilité extrême au premier trimestre de 2022. La Fed a décidé de raffermir le ton pour contrer l’inflation, à son plus haut niveau depuis les années 1970, et les marchés des produits de base ont réagi à l’invasion russe en Ukraine. Les taux des obligations du Trésor ont couramment fluctué d’au moins 10 points de base, et la courbe des taux s’est fortement aplanie. Portées par la dynamique particulière de l’offre et de la demande, les nouvelles émissions sont toutefois restées stables.

Les émissions privées peuvent réagir moins fortement à l’actualité

Le marché des créances privées de première qualité (CPPM) est réputé pour être une source constante de capitaux en période de turbulences. Traditionnellement, il est dominé par les compagnies américaines d’assurance vie, qui continuent à percevoir des primes d’assurance au fil des cycles du marché et qui doivent faire fructifier ces fonds, quelle que soit la conjoncture.

La période de commercialisation des opérations sur le marché CPPM est nettement plus longue. Elle va de deux semaines à six mois, voire plus, selon le niveau de complexité et de spécialisation. Dans le cas des opérations syndiquées importantes, les conditions des prix sont généralement publiées au moins une semaine avant la date de l’offre et les investisseurs semblent s’ancrer mentalement sur ces chiffres, malgré leur évolution sur les marchés publics entre les deux dates. Bien souvent, ces investisseurs ne semblent pas disposés à faire abstraction des travaux effectués en vue du placement malgré la baisse de la valeur relative causée par la variation des écarts. Et ce, notamment lorsqu’il s’agit d’opérations bilatérales ou de clubs d’investissement dont le montage prend des mois. Cela s’explique en partie par l’impossibilité d’accéder aux titres en dehors du cadre de leur placement initial, car la majorité des investisseurs les conservent et rares sont les occasions sur le marché secondaires. Pour certains investisseurs, la possibilité d’acheter des obligations d’un nouvel émetteur sur le marché (ou d’un émetteur qui n’a pas fait appel au marché depuis longtemps) peut parfois revêtir plus d’importance, sur le plan de la diversification et des clauses, que les préoccupations liées à la valeur.

Attendre ou aller de l’avant?

Les émetteurs ont réagi de différentes manières à la hausse des taux et à la volatilité. Pour les entreprises traditionnelles, l’émission d’obligations dans le seul but de disposer d’un excédent de liquidités est une pratique révolue, car le coût de détention de ces fonds a grimpé. En revanche, les émetteurs qui auront besoin de capitaux au cours des 12 prochains mois ont intérêt à émettre des titres sans tarder, avant la hausse potentielle des taux. Pour les sociétés financières sensibles au coût du capital, comme les bailleurs et les FPI, la hausse des taux est difficile à avaler. Ces émetteurs semblent plus prudents et préférent attendre de pouvoir acheter de nouveaux actifs à des niveaux qui rendent la dette intéressante. Ce n’est pas le cas des gestionnaires d’actifs alternatifs, dont les actifs procurent des rendements plusieurs fois supérieurs au coût des créances de premier rang. Le marché actuel peut être difficile pour les opérations ne couvrant qu’un seul projet. Par exemple, pour le financement de parcs éoliens et solaires et les crédits avec baux de location. Le montage de ces opérations prend souvent des années aux initiateurs et aux promoteurs des projets. Parfois, les aspects économiques d’un accord sont convenus longtemps avant. Sous l’effet de la hausse des taux, combinée à l’augmentation des coûts de construction résultant des défaillances de la chaîne d’approvisionnement et de l’inflation, certains de ces projets ne sont plus rentables pour le promoteur. Des opérations ont été annulées et certains émetteurs se sont tournés vers un financement bancaire sur cinq ans. Il sera intéressant de voir à quoi ressemblera l’environnement des taux d’intérêt dans cinq ans, quand ces prêts arriveront à échéance.

Sommaire

Malgré la volatilité des marchés publics, les émissions et la demande sont restées fortes sur le marché CPPM. Les parties sont moins susceptibles de se retirer en raison de la nature récurrente des opérations. De plus, compte tenu des rendements attrayants et du traitement du capital, le marché reste attrayant aux yeux des investisseurs. Gestion SLC estime que la volatilité tend à offrir des occasions aux gestionnaires qui disposent des ressources et de l’expertise nécessaires pour se montrer sélectifs sur ce marché. Elle continue à chercher des émissions et des secteurs intéressants pour ses Clients.

 

Les données présentées dans cet article sont calculées à l’interne et tirées de Private Placement Monitor.

La notation du crédit de première qualité détenu dans nos portefeuilles de placements privés est effectuée suivant une méthode de notation du crédit exclusive, élaborée à l’interne, à partir de modèles achetés à l’externe et développés à l’interne. Cette méthode est régulièrement examinée. Plus de détails seront fournis sur demande. Bien que la plupart des placements privés libellés en dollars américains sont évalués à l’externe, rien ne garantit que les actifs non cotés détenus en portefeuille obtiennent les mêmes cotes s’ils étaient évalués de façon indépendante par de grandes agences d’évaluation du crédit.

Les renseignements fournis dans cet article ne doivent en aucun cas tenir lieu de conseils particuliers d’ordre financier, fiscal, juridique ou comptable ni en matière d’assurance et de placement. Ils ne doivent pas être considérés comme une source d’information à cet égard et ne constituent pas une offre d’achat ou de vente de valeurs mobilières, ni de services d’assurance ou de placement. Les investisseurs devraient obtenir l’avis d’un conseiller professionnel avant de prendre une décision en fonction des renseignements fournis dans cet article.

La marque Gestion SLC désigne les activités de gestion d’actifs institutionnels de la Financière Sun Life inc. (la « Sun Life »), ainsi que les sociétés Sun Life Capital Management (U.S.) LLC, aux États-Unis, et Gestion de capital Sun Life (Canada) inc., au Canada. La société Gestion de capital Sun Life (Canada) inc. est inscrite comme gestionnaire de portefeuille, gestionnaire de fonds de placement et courtier sur le marché dispensé au Canada, et comme gestionnaire d’opérations sur marchandises en Ontario. Sun Life Capital Management (U.S.) LLC est inscrite comme conseiller en placement auprès de la Securities and Exchange Commission des États-Unis. Elle est également inscrite comme Commodity Trading Advisor (conseiller en opérations sur marchandises) et Commodity Pool Operator (gestionnaire de fonds marché à terme) auprès de la Commodity Futures Trading Commission en vertu du Commodity Exchange Act. De plus, elle est membre de la National Futures Association. L’inscription comme conseiller en placement ne sous-entend aucun niveau particulier de compétence ou de formation. Aucune garantie n’est donnée quant à l’atteinte de l’objectif de toute solution de placement privé. Comme pour toute stratégie, le jugement du conseiller quant à la valeur relative des titres sélectionnés pour le portefeuille peut s’avérer fautif.

Sauf indication contraire, tous les chiffres et toutes les estimations fournis dans le présent balado ont été tirés de données internes, au 31 mars 2022. Sauf indication contraire, tous les montants en dollars ($) sont exprimés en dollars américains.

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