Épisode 30

Épisode 30: Trois questions sur les régimes de retraite et l’inflation pour Ashwin Gopwani

Steve Peacher est en compagnie d’Ashwin Gopwani, directeur général des solutions pour les Clients à Gestion SLC, pour s’entretenir de l’impact de l’inflation sur les régimes de retraite.

Steve Peacher : Bonjour chères auditrices et chers auditeurs. Je m’appelle Steve Peacher, et je suis président de Gestion SLC. Pour l’épisode d’aujourd’hui de la série Trois en cinq, je suis très heureux d’être en compagnie d’Ashwin Gopwani, qui est directeur général de l’équipe responsable des solutions pour les Clients de Gestion SLC à Toronto. Ashwin, merci d’avoir accepté mon invitation. 

Ashwin Gopwani : Tout le plaisir est pour moi, Steve. 

Steve Peacher : Aujourd’hui, j’aimerais m’entretenir avec vous au sujet de l’impact de l’inflation sur les régimes de retraite. Car l’inflation est sans conteste le sujet du jour. Selon la méthode de calcul utilisée, l’inflation dépasse, dans certains cas, la barre des 5 % qu’elle avait atteinte il y a quelques années.  Or, de quelle manière les promoteurs de régimes de retraite à prestations déterminées et leurs consultants ont-ils géré le risque d’inflation dans le passé? Selon vous, changeront-ils leur approche compte tenu du contexte actuel?

Ashwin Gopwani : C’est une excellente question, Steve. Mais avant que j’y réponde, j’aimerais apporter quelques clarifications. L’inflation a un impact sur les régimes de retraite, lesquels se divisent en deux groupes : les régimes de retraite dont les prestations sont indexées sur l’inflation et les régimes de retraite dont les prestations ne sont pas indexées sur l’inflation. Bien que ces derniers soient plus courants au Canada et aux États Unis, les prestations de la plupart des régimes de retraite d’employeurs ne sont pas indexées sur l’inflation. Cependant, ce sont ces promoteurs de régimes de retraite qui s’inquiètent du risque d’inflation. Le bas niveau de l’inflation au cours des 30 dernières années a permis aux régimes de retraite à prestations déterminées et à leurs consultants de mettre moins l’accent sur le risque de hausse de l’inflation, voire de le garder au même niveau. Cela est effectivement en train de changer. Les promoteurs de ces régimes qui ont choisi de couvrir effectivement le risque d’inflation s’inquiètent moins quant à savoir si le risque d’inflation est passager ou pas. Les promoteurs qui n’avaient pas couvert le risque d’inflation ont commencé à revoir leur stratégie. Pour ce qui est des régimes de retraite dont les prestations ne sont pas indexées à l’inflation, il est moins clair qu’elle sera la stratégie qu’adopteront les promoteurs. D’une part, la hausse, puis l’atteinte d’un point mort de l’inflation ont entraîné la hausse des taux d’intérêt au-delà du niveau des taux d’intérêt au Canada et aux États-Unis, et cet isolement a contribué à faire baisser le passif et à améliorer le niveau de provisionnement. Cependant, tout n’est pas rose pour ces régimes. Par exemple, les régimes qui utilisent les gains moyens de fin de carrière pour calculer le coût des prestations des participants actifs subiront l’impact d’une partie des hausses, notamment du passif, pour ces participants. De plus, les actifs axés sur le rendement, qui sont détenus par le régime et qui servent à payer ce passif pourraient aussi subir l’impact de ces hausses. Tout dépend du rendement de ces actifs dans un contexte d’inflation élevée. Les promoteurs de ces régimes devront examiner leur stratégie, et s’il s’avère que leurs régimes ont affiché une bonne performance dans le contexte d’aujourd’hui, ils pourraient envisager d’immobiliser les gains qu’ils ont réalisés jusqu’à présent.

Steve Peacher : Donc, il semble que la plupart des régimes de retraite sont exposés à l’inflation d’une manière ou d’une autre. Pourriez-vous nous parler des moyens que les promoteurs de régimes de retraite ont employés pour protéger ces derniers contre le risque d’inflation dans le passé? Et, les promoteurs sont-ils à la recherche de moyens nouveaux et novateurs pour protéger leurs régimes de retraite contre l’inflation à l’avenir?

Ashwin Gopwani : En ce qui concerne les régimes qui ont tiré profit de leur lien direct à l’inflation, que ce soit sous la forme de liens ou de croissance des salaires ou des prestations de retraite, l’indexation des titres a été le moyen par excellence pour couvrir le risque d’inflation. Cependant, ces régimes ont eu tendance à être moins intéressants, car ils sont offerts généralement par les gouvernements fédéraux du Canada et des États-Unis. De plus, ils n’offrent pas généralement la prime de crédit qui est offerte d’autres instruments de placement à revenu fixe qui sont émis par des promoteurs de régimes d’employeurs. Au fil des ans, nous avons augmenté la capacité et développé de nouvelles solutions pouvant contribuer à couvrir ces risques tout en procurant un rendement supplémentaire. La stratégie tend à créer des obligations de sociétés synthétiques au moyen de stratégie de superposition d’instruments de crédit. Nous avons recours à cette stratégie pour nos Clients les plus importants depuis longtemps déjà, et les promoteurs de régimes de retraite d’employeurs montrent un intérêt croissant pour cette stratégie. L’inflation peut avoir un impact dans un sens comme dans l’autre. Elle peut contribuer aux capitaux propres des sociétés, en augmentant le chiffre d’affaires. Il y a même un article qui a été publié récemment dans The Wall Street Journal démontrant la manière dont l’inflation a entraîné la hausse des marges. Bien entendu, cela signifie que les taux d’intérêt augmentent, ce qui peut se traduire par un taux d’escompte des flux de trésorerie. 

Steve Peacher : Donc, lorsque vous réfléchissez au risque de hausse du taux d’inflation, et de hausse des taux d’intérêt qui peut l’accompagner, quel impact cela a-t-il sur les actifs axés sur le rendement, comme les actions et les actifs alternatifs?

Ashwin Gopwani : Cela dépend, Steve. Pour ce qui est des actions, la hausse de l’inflation pourrait avoir un impact différent sur chaque action individuelle. La hausse de l’inflation et la hausse des taux d’intérêt qui peut en découler peuvent affecter le chiffre d’affaires. Les coûts de financement, des marchandises et des services peuvent aussi augmenter. L’impact que toutes ces hausses auront sur une entreprise dépend de sa capacité à transférer ces coûts à sa clientèle sans que cela affecte la demande. Dans le passé, la hausse de l’inflation et des taux d’intérêt n’a pas été facilement prise en compte dans les prix à la consommation, et les placements boursiers alternatifs, qui tirent leur valeur des paiements qui sont habituellement indexés à l’inflation, ont tendance à afficher une meilleure performance. Par exemple, le secteur immobilier qui tire sa valeur des paiements des loyers, qui ont tendance à augmenter en période de hausse de l’inflation. Il en va de même pour les ponts à péage, du secteur de l’infrastructure dont les tarifs de péage tendent à augmenter avec la hausse de l’IPC. Ces actifs tirent profit d’une couverture naturelle de l’inflation qui compensera les coûts supplémentaires qu’ils doivent subir. Donc, en général, ces actifs tendent à contribuer à la diversification des portefeuilles en période de hausse de l’inflation, et constituent de bons placements alternatifs. Du côté des titres à revenu fixe, les titres à taux variable, par exemple les obligations bancaires à rendement élevé ou à taux variable, qui sont des instruments titrisés, contribuent aussi à diversifier les portefeuilles dans un environnement comme celui-ci. 

Steve Peacher : Merci, Ashwin. Comme tu le sais sans doute déjà, à la fin d’entretiens comme celui-ci, je pose une question totalement hors sujet à mon invité, qui les concerne sur le plan personnel. J’aime m’informer sur leur expérience au cours de la pandémie de COVID-19 et les leçons qu’ils en ont tirées. Donc ma question pour vous, Ashwin, est la suivante : vous êtes-vous découvert de nouveaux talents au cours de la pandémie de COVID-19? Avez-vous développé de nouvelles habitudes ou faites-vous certaines choses que vous ne faisiez pas avant la COVID-19?

Ashwin Gopwani : Comme probablement beaucoup de monde, je cuisine beaucoup plus. Avant la pandémie de COVID-19, nous avions des horaires très chargés, et nous allions nous entraîner au centre de conditionnement physique quelques jours par semaine, après le travail. On ne savait jamais à quelle heure nous allions arriver à la maison. Donc, souvent, nous allions chercher notre dîner au restaurant, et même durant la COVID-19, les mets à emporter étaient très courants. Depuis, ma conjointe et moi avons appris à faire la cuisine et à dîner à la maison. Par exemple, le week-end dernier, nous avions invité deux amis à la maison. Nous avons préparé des pâtes et nous nous sommes régalés. Je ne crois pas que nous aurions eu les compétences pour cuisiner un tel repas avant la COVID-19. Bref, oui, nous nous sommes découvert des talents durant la pandémie.

Steve Peacher : Excellent. Avec vos nouveaux talents de cuisinier, votre panier d’épicerie doit être plus gros. Espérons que les prix des produits alimentaires n’augmentent pas trop, mais laissez-moi en douter après l’entretien que nous avons eu au sujet de l’inflation! Merci, Ashwin, d’avoir partagé vos perspectives avec nos auditeurs, et merci à vous, chers auditeurs d’avoir écouté cet épisode de la série Trois en cinq.

Ash Gopwani : Merci, Steve

 

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