Épisode 37

Entretien avec Brent Simmons au sujet des rentes avec rachat des engagements

Brent Simmons, chef des Solutions prestations déterminées à la Sun Life, discute des rentes avec rachat des engagements. Il explique pourquoi celles-ci peuvent être une option intéressante pour les promoteurs de régime.

Steve Peacher : Bonjour chères auditrices et chers auditeurs, et bienvenue à un autre épisode de la série Trois en cinq. Je m’appelle Steve Peacher, et je suis président de Gestion SLC. Aujourd’hui, je suis en compagnie de Brent Simmons. Brent et moi avons travaillé ensemble pendant plusieurs années à la Sun Life. Les Solutions prestations déterminées de la Sun Life connaissent un véritable succès depuis que Brent dirige cette équipe. Ce service gère les rentes avec rachat des engagements, lesquelles sont l’une des principales activités dans le secteur des pensions. Brent est ici aujourd’hui pour nous en parler. Donc, Brent – d’abord, merci d’avoir accepté mon invitation.

Brent Simmons : C’est moi qui vous remercie de m’avoir invité aujourd’hui, Steve.

Steve Peacher : Pour commencer, pourriez-vous expliquer à nos auditeurs ce en quoi consiste une rente avec rachat des engagements, et pourquoi un promoteur de régime de retraite pourrait-il envisager une telle option?

Brent Simmons : Avec plaisir. Une rente avec rachat des engagements est une transaction dans le cadre de laquelle un employeur achète une rente pour un groupe de participants d’un régime de retraite à prestations déterminées d’une compagnie d’assurance-vie. En règle générale, les participants, ou les retraités ont acquis des droits à une rente différée, mais parfois, l’on retrouve aussi des participants actifs. Ce qui est intéressant au sujet de ces transactions est que la compagnie d’assurance-vie devient responsable de payer les participants du régime, en plus d’assumer l’intégralité de l’obligation et des risques. Donc, si les participants vivent plus longtemps que prévu, ou si les investissements n’obtiennent pas de bons rendements, l’assureur a tout de même l’obligation de payer les prestations, et non l’employeur. Donc, cette option confère plusieurs avantages à l’employeur. D’abord, elle diminue la taille du régime de retraite ainsi que les risques rattachés à celui-ci. Cela a pour avantage de diminuer le temps et les efforts qui seraient autrement nécessaires pour gérer un régime de retraite à prestations déterminées; la société peut ainsi se concentrer davantage sur ses activités principales. Du point de vue des participants du régime, cette option offre une sécurité accrue de leur régime de retraite. L’employeur a la tranquillité d’esprit que la compagnie d’assurance-vie, dont l’une des activités principales est de respecter ce genre d’engagement, paie les prestations aux participants.

Steve Peacher : Prenons l’exemple d’un directeur financier d’une société qui parraine un régime de retraite. Celui-ci examine la possibilité d’acheter la rente avec rachat des engagements, comme vous venez de la décrire. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’il doit prendre en considération, afin de prendre une décision?

Brent Simmons : Au cours des deux dernières années, les sociétés ont de plus en plus considéré l’achat d’une rente avec rachat des engagements comme une forme de dessaisissement, ce qui représente une option intéressante, si l’on tient compte des sommes colossales – des centaines de millions, voire des milliards de dollars – qui doivent être versées aux prestataires de leur régime de retraite. Cependant, comme pour tout dessaisissement, de nombreuses considérations doivent être prises en compte. Je vais en souligner deux. En fait, ce sont deux facteurs qui sont souvent sous-estimés dans le cadre de ces transactions : la structure et la gouvernance. En ce qui concerne la structure, elle consiste à rendre la transaction attrayante aux yeux de l’assureur-vie et à vous poser les questions suivantes : quels sont les participants que vous allez inclure dans votre régime de retraite? Allez-vous inclure tous les retraités, ou seulement un certain nombre d’entre eux? Lorsque vous lancez un appel d’offres, êtes-vous prêt à acheter plusieurs rentes avec rachat des engagements, ou voulez-vous acheter une seule rente auprès de la compagnie d’assurance-vie la plus offrante? Autre détail intéressant, le moment où vous lancez votre appel d’offres peut être très important. Vous ne voulez pas lancer votre appel d’offres sur le marché le jour où un appel d’offres relatif à une transaction très importante est lancé. Vous voulez vous assurer que les compagnies d’assurance-vie se concentrent sur votre appel d’offres et sur vos participants, afin qu’ils vous proposent le meilleur prix. En ce qui concerne la gouvernance, je reviens sur mon analogie avec le dessaisissement. Vous avez besoin d’un solide gestionnaire de projet et d’un excellent plan de projet. Vous devez vous assurer que toutes vos étapes sont décrites dans le plan; votre consultant en régimes de retraite peut vous aider. Un autre aspect important de votre appel d’offres consiste à communiquer avec les décideurs, afin de leur fournir toute l’information dont ils ont besoin, avant qu’ils prennent une décision relativement à la transaction. Vous voulez vous assurer de bien connaître ceux qui décideront de s’engager ou pas dans la transaction, et que les facteurs quantitatifs et qualitatifs ont été clairement balisés. Enfin, vous voulez aussi vous assurer que toutes les parties concernées sont au courant que la transaction a bel et bien lieu. Certaines transactions dans lesquelles nous avons été impliquées n’ont pas eu lieu, car les décideurs et les critères de décision n’avaient pas été clairement définis. Par exemple, l’on s’apprêtait à conclure une transaction, alors que l’un des signataires n’était même pas au courant de la transaction. Après avoir mis tant d’efforts et consacré tant de temps à vous préparer pour la signature de la transaction, vous voulez vous assurer qu’elle a bien lieu à la date prévue.

Steve Peacher : Lorsqu’un régime de retraite est administré par le promoteur de régime lui-même, celui-ci gère aussi les actifs qui lui permettent de remplir ses obligations. Lorsque le promoteur de régime s’engage dans une transaction comme celle dont vous venez de décrire, les actifs sont transférés à la compagnie d’assurance-vie. De quelle manière les actifs liés à pareilles transactions ont-ils évolué?

Brent Simmons : En effet, ils ont effectivement évolué. Il y a des années, vous le savez tout autant que moi, les régimes de retraite ne se préoccupaient pas de la gestion du risque. Ils avaient de nombreux actifs générant un rendement. Lorsqu’ils se préparaient à s’engager dans ce genre de transaction, ils devaient liquider tous ces actifs, notamment des actions, afin de payer l’assureur-vie. Or, au cours des cinq dernières années, une nouvelle tendance s’est dessinée : les promoteurs de régime de retraite à prestations déterminées équilibrent mieux leur actif avec leur passif. Autrement dit, ils modèlent leur approche de gestion des actifs sur celle que suivent les assureurs-vie depuis des décennies. Donc, les portefeuilles d’aujourd’hui sont surtout composés de titres à revenu fixe de sociétés ouvertes ou privées, et une bonne partie de l’actif est également investie dans le crédit. La plupart des compagnies d’assurance-vie mettent en œuvre cette stratégie de répartition de l’actif depuis longtemps. Cela facilite le transfert en nature, et entraîne un prix plus avantageux pour deux raisons principales. La première étant que vous n’avez pas à tenir compte des coûts de friction liés à l’achat et à la vente d’actifs, car vous transférez simplement les actifs à l’assureur-vie. Vous réalisez donc des économies, et l’assureur reçoit les actifs et le régime de retraite. Les actifs demeurent donc investis tout au long de la transaction. Lorsque les actifs sont liquidés afin d’effectuer un transfert en nature, l’assureur-vie exige un montant plus élevé qui tient compte de l’incertitude des marchés et du temps qui s’écoule entre le moment où il reçoit l’argent et celui où il le réinvestit. Pour ces deux raisons, les transferts en nature gagnent en popularité.

Steven Peacher : L’achat d’une rente avec rachat des engagements est vraiment une option fort intéressante, mais il est aussi très complexe. Les gens qui ne connaissent pas très bien ce marché seraient sans doute fort surpris de découvrir le volume important de rentes qui a été transféré aux assureurs-vie du monde entier au cours des dernières années. J’aurais dû également mentionner à nos auditeurs au début de l’émission que votre équipe est chef de file au Canada dans le marché très dynamique des rentes avec rachat des engagements, lesquelles sont très avantageuses autant pour les promoteurs de régime que pour la Sun Life. Changement de propos, plusieurs de mes amis prétendent être de fins connaisseurs en matière de vins. Je ne suis pas certain qu’ils connaissent si bien les vins. En revanche, je sais que vous êtes un grand amateur de vins. Je sais qu’avant la pandémie de la COVID-19, vous aviez fait les démarches pour obtenir votre accréditation de sommelier, ce qui est génial. Pourquoi êtes-vous si passionné par l’étude et la dégustation des vins? Autrement dit, pourquoi avez-vous décidé d’y consacrer autant de temps et d’énergie, au point où vous avez décidé d’obtenir votre accréditation de sommelier?

Brent Simmons : Bien, Steve, je dois admettre que l’un des avantages d’étudier les vins est d’avoir comme devoir de boire beaucoup de vin! En effet, c’est beaucoup plus intéressant que la plupart des cours universitaires que j’aurais pu suivre à la place. Cela étant dit, l’étude des vins me passionne pour deux raisons. L’une étant qu’il y a une grande variété de vins sur le marché. Vous n’avez jamais fini de découvrir de nouveaux vins. Au moment où vous en dégustez un, cinq nouveaux producteurs, ou vignobles démarrent leur entreprise, et vous devez vous y intéresser et les découvrir. La seconde raison est que la dégustation des vins est un art qui stimule tous vos sens, notamment votre imagination. La manière que les dégustateurs décrivent les vins, et la passion qu’ils dégagent me fascinent beaucoup. À la base, le vin est un produit agricole. Le raisin doit d’abord être cultivé. D’une année à l’autre, la récolte peut être bonne ou mauvaise, ce qui pose des défis aux vinificateurs qui doivent produire le vin, peu importe la récolte. Cela me fascine beaucoup d’observer le travail dans les vignobles, puis la fabrication du vin dans les caves, pour ensuite déguster le produit final.

Steve Peacher : J’imagine que vous devez vous plaire à visiter les vignobles. Cette activité vous a sans doute manqué, durant la pandémie de la COVID-19. J’espère que vous pourrez continuer vos visites dès que possible. Brent, j’ai vraiment trouvé notre entretien intéressant. Chers auditeurs, j’espère que vous avez aussi aimé regarder cette émission, et je vous remercie de votre écoute. Brent, merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

Brent Simmons : Tout le plaisir a été pour moi, Steve.

 

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