Épisode 38

John Bowman nous parle du prêt direct

John Bowman, directeur général et codirecteur de Crescent Direct Lending, explique les raisons pour lesquelles le marché du prêt direct est une catégorie d’actif de plus en plus populaire auprès des investisseurs institutionnels.

Steve Peacher : Bonjour chères auditrices et chers auditeurs. Je suis Steve Peacher, président de Gestion SLC, et je suis heureux que vous soyez à l’écoute d’un autre épisode de Trois en cinq. Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’être en compagnie de John Bowman, qui est codirecteur de Crescent Direct Lending. Merci, John, d’avoir accepté mon invitation.

John Bowman : Tout le plaisir est pour moi, Steve.

Steve Peacher : Votre équipe se spécialise dans les prêts directs. Or, ceux et celles qui s’intéressent au crédit alternatif savent que le prêt direct est en plein essor. Au cours des deux dernières années, beaucoup d’argent a été investi dans ce marché, tant aux États-Unis qu’ailleurs dans le monde. Pourriez-vous d’abord expliquer à nos auditeurs ce en quoi consiste le prêt direct, et pourquoi ce marché attire-t-il de plus en plus d’investisseurs?

John Bowman : Certainement, Steve. Ce marché s’est développé au cours des 15 à 20 dernières années, mais ce n’est qu’après la Grande Récession qu’il a pris vraiment son essor. Le prêt direct est un développement de la consolidation des services bancaires, car cette dernière ne répondait plus aux besoins des entreprises du marché intermédiaire. Le prêt direct a commencé à percer le marché au début des années 2000, au moment où les banques ont pris de l’expansion et se sont détournées du marché intermédiaire. Mais, ce qui a véritablement contribué à l’essor du prêt direct aux États-Unis, ainsi qu’en Europe et ailleurs dans le monde, est le bas niveau des taux d’intérêt qui sont près de zéro, voire négatifs, dans certains marchés hors des États-Unis. Les investisseurs institutionnels se sont alors mis à la recherche de rendement, car ils n’étaient plus en mesure d’obtenir des rendements adéquats sur les prêts largement syndiqués et liquides, ainsi que sur les placements liquides à rendement élevé, mais particulièrement sur les fonds de pension, qui peinent à obtenir un taux de rendement moyen de 7 à 7,5 % depuis que la Fed a baissé les taux d’intérêt, à la suite de la dernière récession, comme mesure de relance. C’est dans ce contexte que le marché du prêt direct a pris de l’essor et s’est substitué aux services bancaires. Aujourd’hui, c’est une excellente catégorie d’actif qui a même tiré profit de la pandémie de COVID-19, laquelle a eu une incidence très positive sur ce marché.

Steve Peacher : Le terme prêt direct fait habituellement référence au marché que vous venez de décrire. Cependant, ce marché se divise en plusieurs segments, car différentes entreprises exploitent ce marché de différentes manières. Quelle est la stratégie de Crescent et le segment qu’elle exploite, et quelles sont les tendances que vous voyez actuellement dans ce segment?

John Bowman : En effet, les entreprises qui exploitent le marché du prêt direct tentent de développer une niche de marché, ou de mettre en œuvre une stratégie commerciale ciblée. Crescent Direct Lending a adopté une stratégie commerciale ciblée et se concentre sur le segment des petites et moyennes entreprises, la principale raison étant qu’il y a généralement plus d’occasions dans ce segment du marché. Mais aussi parce qu’il y a moins de concurrents, les écarts tendent à être plus larges et, grâce à une sélection rigoureuse du crédit, l’on peut obtenir de bien meilleurs rendements ajustés au risque, que ceux auxquels l’on s’attend d’obtenir dans le marché du prêt direct aux sociétés à forte capitalisation. Par contre, ce segment du marché exige que nous soyons très vigilants, car les emprunteurs sont de petites et moyennes entreprises, un marché très particulier que peu de prêteurs sont en mesure d’exploiter. Il est important de souligner l’importance de la qualité de l’équipe de direction. À Crescent, nous développé une niche dans le segment du marché des petites et moyennes entreprises. Aujourd’hui, nous sommes l’un des plus importants joueurs dans ce segment du marché. Nous gérons actuellement à peu près huit milliards de dollars. Notre bilan financier est très important, et nous sommes en mesure d’offrir des solutions de grand crédit à nos clients. Et, comme ce fut le cas dans plusieurs marchés, le taux de croissance des petites et moyennes entreprises tend à être plus élevé que celui des sociétés à forte capitalisation. Nous tentons donc de tirer profit de la forte croissance des entreprises de ce segment de marché et de croître avec celles-ci.

Steve Peacher : Comme vous l’avez mentionné, ce marché a évolué et a connu un essor considérable au cours des 10 à 15 dernières années, mais surtout au cours des cinq dernières années. Quelles sont vos perspectives de ce marché dans trois, cinq ou sept ans?

John Bowman : Nous sommes probablement au milieu du développement du marché du prêt direct aux États-Unis. Ce marché se développe différemment selon les régions géographiques. Mais, ce qui a véritablement contribué à l’essor du marché aux États-Unis est la croissance du capital-investissement. Or, comme vous le savez sans doute déjà, nous sommes la principale source de capital pour les rachats d’entreprises par des fonds privés, un marché de mille milliards de dollars. Il y a une très forte demande pour notre produit. Comme le marché a gagné en maturité, je crois que plus de niches commerciales vont être développées. Nous nous concentrons sur les sociétés à petite capitalisation, et nous avons une filiale à Los Angeles qui se concentre sur le marché des sociétés à moyenne et forte capitalisation, et qui tente maintenant de se concentrer sur le marché à plus petite capitalisation, afin de développer une niche commerciale dans cette région. Nous devrions voir plus d’investissements verticaux dans ce marché, comme le financement sur actifs. Donc, à mesure que ce marché continue de prendre de l’expansion et que d’autres entreprises l’exploitent, d’autres niches commerciales seront créées. Les perspectives de ce marché sont très bonnes, mais c’est surtout la forte demande en capital-investissement dans ce marché, et le fait que nous sommes les principaux fournisseurs de capitaux d’emprunt qui nous ont amenés à nous concentrer sur ce marché.

Steve Peacher : Oui, en fait, quand je parle aux Clients qui cherchent à investir dans les marchés alternatifs, ils me demandent si ces derniers ont le potentiel de développer des niches commerciales. Autrement dit, ils recherchent des marchés alternatifs offrant des « alternatives ». Je crois donc que la demande d’investissement dans des niches commerciales comme celles que vous avez décrites augmentera considérablement, surtout du côté des investisseurs institutionnels.

John Bowman : Ces niches offrent la possibilité aux investisseurs institutionnels d’augmenter leur exposition au marché du prêt direct, sans que cela entraîne la superposition de problèmes de crédit. Ils peuvent donc investir dans ce marché et profiter du rendement supplémentaire qu’il offre sans détenir les mêmes titres auprès de deux gestionnaires différents. Plusieurs clients soulèvent cette question. Donc, tout comme vous, Steve, je crois que le marché du prêt direct va continuer de se segmenter, et que de plus en plus de niches commerciales vont être créées, à mesure que de nouveaux produits vont être développés.

Steve Peacher : Notre entretien tire à sa fin et, fidèle à mon habitude, j’aimerais vous poser une question personnelle si vous me le permettez. Je sais que vous avez deux enfants qui fréquentent l’école secondaire et qui sont très sportifs. La COVID-19 a eu un impact sur les sports et a grandement perturbé les sports organisés. Selon vous – vous avez accompagné vos enfants lors des pratiques – quel en a été l’impact le plus important? Comme nous le savons tous, les équipes de sport ont dû s’adapter aux mesures mises en place pour limiter le risque de contagion.

John Bowman : Les enfants ont fait preuve d’une assez grande résilience, donc ils s’en sont bien tirés. Certes, ils n’aiment pas porter un masque, mais je crois que les parents ont eu beaucoup de difficultés à s’adapter. En fait, ce sont eux, lors de pratiques ou de tournois, qui ne respectaient pas toujours les mesures mises en place. J’ai tenté d’encourager mes enfants en soulignant le fait que deux ans, c’est une très courte période au cours d’une vie. Il leur est difficile de comprendre cela aujourd’hui, et ce ne fut pas toujours facile. Mais, bon gré mal gré, nous apprenons tous à nous adapter à cette réalité.

Steve Peacher : Ont-ils dû porter un masque lors des pratiques et des tournois?

John Bowman : Les règles sont différentes d’une région à l’autre. Par exemple, durant la saison du soccer, si un tournoi avait lieu dans le New Hampshire, nous n’avions pas à porter de masque là-bas. Par contre, au Massachusetts, on devait obligatoirement en porter un. L’arbitre mettait hors-jeu pendant quelques minutes les joueurs réfractaires qui ne portaient pas correctement le masque. Je crois qu’en soi, cela n’était pas mauvais, et que c’était une bonne leçon de vie pour eux.

Steve Peacher : Les enfants ont vraiment fait preuve de résilience, beaucoup plus que plusieurs d’entre nous. John, je vous remercie de nous avoir brièvement parlé du marché du prêt direct, l’une de vos principales activités à Crescent. C’est un marché qui est effectivement en plein essor, ici aux États-Unis. De plus, vous vous êtes entouré d’une équipe formidable, l’une des meilleures dans ce marché, et cela est sans doute l’une des raisons de votre succès. Merci encore d’avoir accepté de répondre à mes questions.

John Bowman : C’est moi qui vous remercie de m’avoir invité, Steve.

Steve Peacher : Je remercie également tous nos auditeurs d’avoir été à l’écoute de cet épisode de la série Trois en cinq.

 

 

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