Épisode 60

Investir dans la transition énergétique – avec Jack Paris

Jack Paris, chef des Amériques chez InfraRed Capital Partners, parle de la tendance croissante à investir dans les infrastructures d’énergie renouvelable.

Steve Peacher : Bonjour tout le monde. Ici Steve Peacher, de SLC. Merci de vous joindre à nous pour cet épisode de « Trois en cinq ». J’accueille aujourd’hui Jack Paris, qui s’est récemment joint à InfraRed à titre de chef des Amériques. Merci, Jack, d’avoir accepté notre invitation.

Jack Paris : Merci de m’avoir invité, Steve.

Steve Peacher : Aujourd’hui, nous allons parler de transition énergétique et d’énergie renouvelable. On parle souvent de « transition énergétique » sur le marché pour désigner le passage aux sources d’énergie renouvelable, mais le terme n’a pas le même sens pour tout le monde. Je sais qu’InfraRed a une stratégie basée sur la transition énergétique et qu’elle a une vision à long terme de la question. Pourriez-vous donc nous expliquer ce que signifie pour vous la transition énergétique, et pourquoi la stratégie qu’InfraRed supervise est une bonne façon d’aborder l’investissement dans la transition énergétique?

Jack Paris : Bien sûr. Je pense que nous avons une stratégie très intéressante. Elle repose sur des actifs durables, qui intègrent les facteurs ESG et qui produisent des flux de trésorerie à long terme stables – ce qui, dans le contexte actuel de forte volatilité, est très intéressant. Un des piliers de la transition énergétique est la production d’électricité propre et sans carbone. C’est un élément central de la transition énergétique. Par conséquent, dans le cadre de cette transition énergétique, la construction d’actifs de production d’énergie renouvelable représente une des plus importantes occasions d’investissement. Qu’il s’agisse d’énergie éolienne, solaire ou hydroélectrique, ces actifs ont généralement une durée de vie très longue, de l’ordre de 35 ans, voire plus dans le cas des installations hydroélectriques. Comme je l’ai dit, ils produisent aussi des flux de trésorerie relativement stables et récurrents. En Europe, où le marché de l’énergie renouvelable est un peu plus développé qu’ici, nous avons mis en place une stratégie d’investissement très intéressante, qui consiste à apparier la durée des investissements avec la durée de vie des actifs sous-jacents. Et cette approche a eu beaucoup de succès. En fait, nous essayons de reproduire le même modèle en Amérique du Nord, puisque notre marché est, à franchement parler, un peu à la traîne. Le marché européen des énergies renouvelables est beaucoup mieux établi, et nous pensons que cette stratégie jouit d’excellentes perspectives de croissance ici.

Steve Peacher : Les énergies renouvelables sont donc un marché en plein essor, ce qui est sans doute dû à beaucoup de facteurs. Selon vous, quels sont les principaux moteurs de croissance des infrastructures d’énergie renouvelable?

Jack Paris : Il y a beaucoup de facteurs, comme vous dites, mais selon moi, l’impératif social de s’attaquer aux changements climatiques et de décarboner l’économie est l’un des plus importants. Aux États-Unis, le secteur de la production d’électricité représente 27 % des émissions totales à effet de serre; c’est la deuxième plus importante source après le secteur des transports, qui compte pour 28 % des émissions. Les deux secteurs ont donc à peu près le même poids, mais une des principales façons de décarboner l’économie serait évidemment de modifier la façon dont nous produisons l’électricité. Aux États-Unis, environ 61 % de l’électricité est encore produite à partir d’énergies fossiles; les occasions de transition et d’investissement ne manquent donc pas dans ce domaine. L’autre facteur clé est le déclin de la courbe des coûts liés aux énergies renouvelables, ce qui représente un réel avantage pour le secteur. Avant la récente flambée des prix des produits de base liée à la guerre en Ukraine, le coût de production de l’énergie renouvelable était à peu près égal à celui des combustibles fossiles et du gaz naturel. Après la hausse des prix des produits de base, les énergies renouvelables sont devenues encore plus attrayantes. Enfin, nous sommes tous de plus en plus sensibles aux questions d’indépendance énergétique, et comme les énergies renouvelables sont évidemment produites sur le territoire national, elles nous rapprochent aussi de l’indépendance énergétique.

Steve Peacher : Une question sur les énergies renouvelables dans le contexte actuel : il y a manifestement beaucoup de volatilité, les taux grimpent, les actions chutent et le coût des projets d’immobilisations augmente. Quelle incidence ces facteurs ont-ils sur le secteur des énergies renouvelables?

Jack Paris : Je pense qu’il y a malgré tout encore beaucoup d’occasions très intéressantes. Premièrement, la demande d’électricité est très peu élastique : nous l’utilisons pour chauffer et rafraîchir nos maisons, ou pour alimenter nos appareils électroniques, ce qui assure une consommation de base relativement stable. Mais il existe de nouvelles sources de demande, comme le secteur des transports, où l’on s’efforce de plus en plus de faire fonctionner les véhicules à l’électricité. Ce mouvement en faveur de l’électrification de l’économie est donc un catalyseur de croissance pour le secteur des énergies renouvelables. Deuxièmement, comme je l’ai déjà souligné, les prix des produits de base sous-jacents montent en flèche. Cela augure également bien pour l’avenir des énergies renouvelables. Du point de vue des investisseurs, ou de l’affectation des capitaux, les actifs de production d’énergie renouvelable sont généralement un bon choix, parce qu’ils ont une longue durée de vie et que les revenus qu’ils rapportent sont relativement bien connus. Ils produisent des flux de trésorerie stables et récurrents qui, je pense, deviennent plus intéressants en contexte de volatilité. Soyons clairs : il y a bien sûr des défis à relever et, comme vous l’avez mentionné, les risques de récession, la hausse des coûts de financement et les problèmes d’approvisionnement pourraient entraver la croissance économique, mais notre stratégie est une stratégie à long terme, et je pense que nous avons les moyens de surmonter ces obstacles à long terme.

Steve Peacher : Il semble évident que c’est une tendance de fond, et qu’elle est là pour de bon, malgré l’impact des facteurs à court terme. Il y a trop d’impératifs qui justifient le développement des infrastructures d’énergie renouvelable en Amérique du Nord et dans le monde entier. Merci pour tous ces commentaires. J’aimerais terminer, comme toujours, par une question personnelle : je sais que vous êtes souvent sur la route à chercher de nouvelles occasions de placement, à discuter avec les investisseurs, etc. En dehors du travail, que faites-vous pour vous détendre?

Jack Paris : Je suis un grand fan de hockey. J’ai grandi à Toronto et j’ai pratiqué le hockey de compétition pendant presque toute ma jeunesse. Et tous les samedis matin, je revis ma jeunesse : à 6 h 45, je suis sur la glace avec un groupe de gars du New Jersey, et parfois, j’entraîne aussi les filles. C’est ma façon à moi de me changer les idées.

Steve Peacher : J’espère qu’ils vous ménagent, vous n’êtes plus tout jeune après tout! Jack, merci encore d’avoir été des nôtres, et merci également à tous nos auditeurs d’avoir écouté cet épisode de « Trois en cinq ».

 

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