Épisode 62

Elaad Keren parle de crédit privé de première qualité dans le contexte de marché actuel

Elaad Keren, directeur général principal, chef de la gestion de portefeuille, titres à revenu fixe, émissions privées, à Gestion SLC, parle du marché du crédit privé de première qualité, notamment des occasions à saisir dans le contexte actuel, du nouveau type d’investisseurs attirés par ce marché et de la performance des portefeuilles.

Steve Peacher : Bonjour chères auditrices et chers auditeurs. Ici Steve Peacher, président de Gestion SLC. Merci d’être à l’écoute de cet épisode de la série « Trois en cinq ». Aujourd’hui, je m’entretiens avec Elaad Keren, qui est directeur général principal de notre équipe de gestion des placements privés à revenu fixe. Merci, Elaad, d’avoir accepté de vous entretenir avec moi aujourd’hui.

Elaad Keren : Tout le plaisir est pour moi, Steve.

Steve Peacher : Donc, aujourd’hui, nous allons parler du marché sur lequel vous vous concentrez, en l’occurrence le marché du crédit privé de première qualité, un marché que nous privilégions depuis déjà un bon moment, à Gestion SLC. Selon moi, nous avons une équipe de premier plan, et vous êtes l’un des membres les plus expérimentés dans ce marché qui évolue rapidement, pas seulement en Amérique du Nord, mais dans le monde entier. J’aimerais tout d’abord parler du volume des nouvelles opérations, compte tenu des nombreux facteurs macroéconomiques qui perturbent actuellement les marchés, notamment l’inflation accrue, la hausse des taux d’intérêt et les craintes d’une récession. Quelles occasions êtes-vous – votre équipe et vous – en mesure de saisir dans le marché du crédit privé de première qualité?

Elaad Keren : C’est effectivement une bonne question, Steve. En effet, ce fut une année mouvementée. Certains marchés ont été très volatils au point où ils ont été fermés aux nouvelles émissions. Cependant, le marché du crédit privé de première qualité s’est montré résilient et a enregistré un nombre record d’émissions. Le marché du crédit privé de première qualité a en fait toujours été considéré comme une source fiable de capital, surtout en temps incertains, notamment en 2022. L’activité globale du marché du crédit privé est, par nature, difficile à mesurer, mais le marché du crédit privé aux États-Unis est une bonne référence, compte tenu du fait que de nombreuses statistiques sont publiées à son sujet. En fait, le nombre d’émissions au cours du premier semestre de 2022 dépasse de 20 % le nombre total d’émissions enregistrées l’année dernière, même si l’année dernière est considérée une année record. Le secteur financier a été le plus important émetteur cette année, notamment des émissions importantes de FPI. En revanche, les émissions générales de sociétés étaient moins nombreuses. Selon nous, le faible nombre d’émissions par les sociétés s’explique par le fait qu’elles disposent encore de bonnes des liquidités qu’elles avaient générées durant la pandémie. Il se peut aussi que les sociétés aient fait preuve de prudence dans le contexte actuel de taux d’intérêt à la hausse. Ou bien, elles ont été contraintes de contracter des prêts à court terme auprès de banques agressives, ce qui, en général, attire moins les investisseurs institutionnels en quête de titres de première qualité et de placements à long terme et à duration longue. Il se peut aussi que ce soit un peu des trois raisons qui expliquent pourquoi les sociétés ont émis un si faible nombre de titres. Bref, je dirais que nous disposons d’un panier important de nouvelles émissions du marché du crédit de première qualité. Cela étant dit, nous avons vu certains projets reportés, les directeurs financiers ayant choisi d’attendre que certains événements dans le monde prennent fin et que les marchés se redressent, et de réviser leurs modèles financiers afin de tenir compte des coûts de l’endettement plus élevés. Cependant, nous nous attendons à ce que les projets ne soient pas reportés indéfiniment. Ils seront éventuellement redéployés, et ils devront être financés à des coûts d’endettement plus élevés. Malgré cela, et malgré tous les facteurs défavorables auquel le marché fait face, je pense que le marché du crédit de première qualité se caractérise assurément par un nombre record d’émissions.

Steve Peacher : Nous avons fait référence au marché du crédit privé de première qualité de plusieurs façons. Au sein de Gestion SLC, nous avons nommé notre équipe, votre équipe, l’équipe de gestion des placements privés à revenu fixe. Nous avons aussi utilisé les termes crédit privé de première qualité et placements privés. Bref, jusqu’à présent, le marché des placements privés était, en quelque sorte, le ressort exclusif des grandes compagnies d’assurance. Mais, les choses ont évolué. Pourriez-vous nous faire part de vos perspectives du marché du crédit privé de première qualité – ou du marché des placements privés, peu importe comment vous voulez le nommer – sur le plan concurrentiel? Comment, selon vous, évoluera-t-il?

Elaad Keren : Vous avez raison, Steve, les compagnies d’assurance, à quelques exceptions près, étaient les principaux investisseurs dans ce marché – du crédit privé de première qualité ou des placements privés à revenu fixe, nommez-le comme vous voulez. Elles investissaient surtout dans les titres de première qualité pour leur compte général. Cependant, depuis la pandémie de la COVID-19, nous avons remarqué que d’autres types d’investisseurs s’intéressent à ce marché. Nous croyons que ce sont les rendements ajustés du risque de cette catégorie d’actif et la croissance du secteur de la gestion d’actifs, en général, qui a attiré l’attention d’importants gestionnaires de placements mondiaux, cherchant à investir non seulement pour le compte de compagnies d’assurance, mais aussi pour des caisses de retraite et autres types de clients cherchant à investir dans des placements non traditionnels. Tout au long de 2021, de nouveaux investisseurs ont fait leur entrée dans ce marché; nous n’étions pas certains qu’ils réussissent à faire fructifier leur argent. Cette année, nous constatons clairement une plus grande participation dans le marché. En général, l’on peut affirmer que les capacités sur le marché ont aujourd’hui augmenté par rapport au passé; cependant, il est trop tôt pour dire si cette tendance se maintiendra. Mais, il y a effectivement de plus en plus d’investisseurs qui se tournent vers les grands gestionnaires d’actifs possédant une vaste expérience en placements, en recherche d’occasions de placement, et qui sont réputés entretenir des relations étroites avec les émetteurs tout au long du cycle économique. Nous avons le sentiment que cette tendance continuera de transformer ce marché et que les investisseurs se tourneront de plus en plus vers les grands gestionnaires d’actifs afin de tirer profit des émissions de titres dans le marché des placements privés à revenu fixe. Il y a effectivement un très grand nombre de nouvelles émissions cette année, et celles-ci ne sont pas distribuées à grande échelle, mais plutôt à un petit groupe d’investisseurs sophistiqués et partageant les mêmes idées, qui ont la capacité d’investir des sommes colossales. Nous pensons que cette tendance se maintiendra et que le marché continuera d’évoluer. Mais, bien que de nouveaux investisseurs aient pénétré ce marché, il est encore trop tôt pour déterminer s’ils continueront d’investir dans ce marché, ou s’il ne s’agit que d’une tendance passagère qui s’atténuera lorsque les gestionnaires d’actifs, en évolution constante, se tourneront vers d’autres marchés.

Steve Peacher : Revenons sur les facteurs macroéconomiques. Votre équipe traite différents types d’opérations, en passant par les prêts aux sociétés financées par des capitaux privés et les prêts à des projets d’infrastructure dans diverses régions du monde. Cependant, les craintes de récession sont palpables, et la hausse des taux d’intérêt par les banques centrales perturbe le marché. Votre équipe et vous êtes-vous préoccupés par les effets de ce climat d’incertitude sur la performance des portefeuilles que vous gérez pour le compte des Clients?

Elaad Keren : Nous effectuons de nombreux tests de tension dans notre portefeuille. Tout au long de l’année, les médias n’ont cessé de publier de grands titres alarmistes, il est donc important d’effectuer de nombreux tests de tension. À la fin du mois de juin, nous avons suivi une approche d’analyse ascendante pour évaluer nos expositions, en tenant compte de l’inflation et d’autres risques qui sont apparus au cours de l’année. Or, notre portefeuille est très vaste et très diversifié sur le plan géographique et par type d’actif. Souvent, nous investissons avec l’avantage d’avoir une position sur obligations garanties de premier plan. Dans la structure de capital, les sociétés émettrices sont habituellement à un très bon niveau de qualité et à un niveau élevé de liquidité, ce qui aide à compenser les effets de toute perturbation de marché. Nous effectuons des tests de recouvrabilité par flux de trésorerie et des mesures d’atténuation précoces afin de nous assurer qu’en cas de difficultés éventuelles, nous pouvons atténuer les problèmes avant qu’ils échappent à notre contrôle. Enfin, une grande partie de notre exposition bénéficie de solides partenariats. Nous travaillons habituellement avec les promoteurs de projets et les dirigeants des sociétés qui disposent de liquidités importantes et possèdent une vaste expérience, notamment de l’expérience auprès des institutions, ce qui signifie qu’elles sont en mesure de résoudre les problèmes dès qu’ils surviennent.

À titre d’exemple, dans notre portefeuille, nous détenons du financement de projets et des emprunts liés à l’infrastructure. Comme vous l’avez mentionné, nous avons un peu de tout cela dans nos portefeuilles. Certains de nos émetteurs dans notre portefeuille bénéficient aussi de contrats de service dont les coûts sont indexés sur l’inflation de manière à répercuter les augmentations liées à l’IPC sur leurs payeurs, lesquels sont souvent des organismes gouvernementaux. Ce sont des protections naturelles qui aident à compenser la hausse des coûts. Certaines des sociétés dans lesquelles nous investissons devront démontrer qu’elles peuvent répercuter la hausse des coûts sur le consommateur. Mais, dans l’ensemble, l’on s’attend à ce que notre portefeuille soit assez résilient, comme il l’a été dans le passé, lorsque des facteurs microéconomiques ont perturbé les marchés.

Steve Peacher : Nous bénéficions d’une très bonne protection structurelle qui est comprise dans plusieurs des opérations que votre équipe et vous traitez, et c’est la raison pour laquelle le portefeuille affiche une bonne performance, tant en période de ralentissement qu’en période de croissance économique. L’entretien tire à sa fin, et si vous me le permettez, j’aimerais vous poser une question personnelle. Je sais que vous avez trois filles en bas âge. Je suis jaloux, car j’ai moi-même trois enfants, mais ils sont adultes aujourd’hui, ne vivent plus à la maison, et je ne les vois pas aussi souvent que je le souhaiterais. Nous enregistrons cet épisode en été. Comment occupez-vous vos filles en cette saison chaude? D’après vous, quels souvenirs auront-elles de leurs étés durant leur jeunesse? Sont-elles impliquées dans des activités?

Elaad Keren : Ce fut, en effet, un été fort intéressant pour nous. Notre petite famille est très occupée, nos trois enfants étant impliqués dans de nombreuses activités. Depuis qu’elles sont en âge de s’adonner à des activités, c’est le premier été où il y a peu de contraintes liées à la COVID-19. Nous tentons donc d’en profiter le plus possible. Mon épouse et moi les gardons occupées et déployons les efforts nécessaires pour les tenir loin des ordinateurs. Nous espérons qu’elles garderont de bons souvenirs de cet été et qu’elles se rappelleront les activités qu’elles ont faites. Nous envisageons aussi de faire un voyage au cours du mois d’août, et cela aussi devrait être parmi les choses dont elles se souviendront le plus de cet été.

Steve Peacher : Nous devrions tous tenter de limiter le temps que nous passons devant les ordinateurs. Cela devrait être ma devise. Merci, Elaad, c’était fort intéressant. Je remercie nos auditeurs d’avoir écouté cet épisode de « Trois en cinq ». À bientôt.

Elaad Keren : Merci, Steve.

 

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