Épisode 21

Trois questions de suivi sur les plans d’infrastructures pour James

Steve est en compagnie de James Slotnick, chef des affaires gouvernementales
à la Sun Life, afin d’obtenir une mise à jour sur l’état des plans d’infrastructures traditionnelles et humaines aux États-Unis, notamment sur les difficultés auxquelles fait face le Congrès et sur la probabilité que ces questions attirent l’attention du président Biden.

Steve Peacher : Bonjour et merci à tous de vous joindre à nous pour un autre épisode de la série Trois en cinq. Je m’appelle Steve Peacher et je suis le président de Gestion SLC. Aujourd’hui, je suis en compagnie de James Slotnick, chef des affaires gouvernementales à la Sun Life États-Unis. James, merci d’avoir accepté cette deuxième invitation.

James Slotnick : Merci, Steve, de m’avoir de nouveau invité.

Steve Peacher : Je vous ai fait revenir pour poursuivre notre entretien sur les projets de loi comportant des affectations de crédits qui ont été soumis au Congrès, l’un ayant trait aux infrastructures physiques, l’autre ayant trait à ce que l’administration appelle les « infrastructures humaines ». Pourriez-vous résumer ces deux projets de loi pour nos auditeurs?

James Slotnick : Oui, certainement. En mars dernier, les démocrates ont adopté le projet de loi American Rescue Plan Act of 2021 par l’intermédiaire d’une réconciliation du budget. Espérons que ce soit le dernier plan de sauvetage lié à la COVID. Peu après, le président a fait adopter un plan d’infrastructures très ambitieux. En avril, les modérés des deux partis, tant dans la Chambre des communes qu’au Sénat, ont réalisé qu’un projet de loi liée aux infrastructures bipartisan et traditionnel aurait été préféré. Mais, les démocrates ont choisi d’instaurer leur plan d’infrastructures non traditionnel sans le consentement de la majorité par l’intermédiaire d’une réconciliation du budget. Puis, un autre projet de loi bipartisan, Infrastructure Investment Jobs Act, a été adopté par le Sénat, à 69 contre 30. Ce projet de loi est un plan d’infrastructures traditionnel d’environ 1 billion de dollars, dont la moitié de ces fonds provient des fonds qui avaient été affectés à d’autres plans et qui n’avaient pas été dépensés. Ce plan d’infrastructures se concentre sur la réfection des routes, des ponts, le réseau haut débit et les eaux, et il y a également un volet sur les politiques sur les énergies vertes, bref ce plan d’infrastructures plus traditionnel a déjà été adopté au Sénat et est en attente d’adoption à la Chambre des communes. Puis, il y a le projet d’infrastructures « humain » qui est surnommé le Build Back Better Act. Ce projet de loi se concentre sur des choses comme un programme national de congés payés pour des raisons familiales ou médicales, un système universel de maternelles et un système universel de collèges communautaires. Ce plan est plus centré sur les besoins sociaux, par rapport au plan d’infrastructures traditionnel.

Steve Peacher : Comme nous le savons, le temps presse pour l’administration Biden d’achever tous ces projets. Quand pensez-vous que la Chambre des communes adoptera ce plan d’infrastructures, et quels sont les défis politiques qui devront être surmontés avant que ces projets de loi puissent être soumis au Congrès?

James Slotnick : En effet, Steve, telle est la question que tous les lobbyistes à Washington tentent de résoudre. Les démocrates modérés et progressistes sont vraiment divisés en ce qui concerne les infrastructures humaines. Les démocrates modérés veulent faire adopter un projet de loi bipartisan au Sénat et ils croient qu’ils y parviendraient avec un plan d’infrastructures traditionnelles. De cette manière, ils pourraient commencer à reconstruire la nation, notamment les infrastructures traditionnelles sans plus de délai. En revanche, les démocrates progressistes s’inquiètent que si un plan d’infrastructures traditionnelles est adopté, tous les projets sociaux seraient omis. Le leadership se range actuellement et essentiellement du côté des démocrates progressistes. C’est pourquoi, le président de la Chambre des communes, M. Pelosi, et le sénateur Schumer ont déjà parlé de ces deux projets de loi avec le président Biden laissant entendre qu’ils devraient être tous deux adoptés par la Chambre des communes. Nous nous trouvons à un point d’inflexion en ce moment. D’une part, les démocrates modérés s’entendent avec le président de la Chambre des communes pour faire adopter le plan d’infrastructures traditionnelles dans un proche avenir; d’autre part, le plan d’infrastructures humaines est très loin d’être prêt à passer au vote à la Chambre des communes, et les comités du Sénat n’ont même pas commencé à passer en revue ces projets de loi. Donc, du point de vue politique, nous sommes au point où certaines décisions devront être prises, mais cela demeurent entre les démocrates modérés et les démocrates progressistes, lesquels devront s’entendre sur l’ordre de priorité, à savoir quel projet de loi sera d’abord mis en œuvre, et quand.

Steve Peacher : À la une dans les journaux aujourd’hui on annonçait que l’administration Biden avait admis que le projet de loi sur les infrastructures humaines, Build Back Better, devrait être réduit dans une certaine mesure, ce qui ne fait que refléter probablement ce qu’ils entendent dans les discussions. Vous suivez cela de très près. Quelles seront d’après vous la taille et l’ampleur définitives de ce projet de loi?

James Slotnick : Vous avez mis le doigt sur le problème, Steve. Il semblerait que la Chambre des communes veut faire adopter un projet de loi des infrastructures humaines de 3,5 billions de dollars. Cependant, cela est inacceptable pour le sénateur Joe Manchin qui s’est beaucoup exprimé publiquement sur le sujet. La sénatrice Kyrsten Sinema, qui s’est moins exprimée publiquement sur le sujet, croit aussi fermement que ce projet de loi doit être réduit. Le sénateur Manchin estime qu’il devrait être réduit à environ 1,5 billion de dollars avant d’être soumis à un vote. Bien que cela semble être une somme colossale, lorsque l’on examine ce qu’il en coûterait pour mettre en œuvre les différents projets, par exemple, le système universel de maternelles pour les enfants âgés de 3 et 4 ans, auquel l’on devrait affecter environ 450 milliards de dollars. Le crédit d’impôt pour enfants et le crédit d’impôt sur le revenu gagné, qui avaient été augmentés et inclus dans le plan de sauvetage de l’économie américaine, s’élèvent à environ 400 milliards de dollars. Enfin, le système universel de collèges communautaires nécessiterait environ 100 milliards de dollars. À eux seuls, ces projets mobilisent 900 milliards de dollars, et nous n’avons même pas pris en compte les congés payés pour maladie dans la famille, les frais dentaires et autres soins médicaux que les démocrates veulent ajouter à Medicare. Malheureusement, les démocrates devront prendre des décisions très difficiles, car il semble que le plan d’infrastructures humaines sera plafonné dans une fourchette de 1,1 à 1,5 billion de dollars. Cela signifie que certains projets devront être abandonnés et, malheureusement, afin de financer les projets, le taux d’imposition des sociétés augmentera de 26,5 %, ou 25 %1, ce qui engendrera un revenu d’environ 500 milliards de dollars, une somme colossale. Donc, le taux d’impôt des sociétés sera probablement fixé à 25 %, et non à 26,5 %, mais une chose est certaine, ce taux sera élevé, même si les revenus générés par cet impôt sur les sociétés augmentent.

Steve Peacher : Un trillion de dollars ici, un trillion de dollars là, cela représente des sommes colossales. Autrefois, on parlait en termes de milliards de dollars; aujourd’hui, on parle de trillions de dollars.

James Slotnick : Oui, cela est alarmant.

Steve Peacher : Avant de terminer, j’aurais une dernière question pour vous. Votre réputation à la Sun Life vous précède et vous êtes impliqué dans tout ce qui a trait aux affaires gouvernementales. Si vous deviez choisir, entre être A) un juge de la Cour suprême; B) un sénateur; ou C) un secrétaire d’État, lequel choisiriez-vous?

James Slotnick : Je réponds sans hésiter : un secrétaire d’État. C’est l’emploi idéal, car vous devez conserver votre poste pour une durée limitée, vous ne devez pas vous lancer dans des campagnes électorales, et le cachet que vous recevez par la suite serait amplement suffisant pour vous assurer un niveau de vie plus que convenable.

Steve Peacher : Tout à fait. Nous connaissons maintenant vos ambitions de carrière. Merci pour toutes les informations que vous avez partagées avec nous. Comme toujours, nous sommes heureux que vous ayez accepté notre invitation. Merci aussi à toutes les personnes à l'écoute de la série Trois en cinq.

James Slotnick : Merci Steve.

1https://taxfoundation.org/house-democrats-corporate-income-tax-rates/#:~ :text=A%20centerpiece%20of%20House%20Democrats,harmful%20ways%20to%20raise%20revenue

Les données dans cet article ont été tirées de la page Web suivante : https://www.investopedia.com/here-s-what-s-in-the-usd1-trillion-infrastructure-bill-passed-by-the-senate-5196817

 

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